Les origines de la monnaie scripturale remontent au moyen âge, à une époque où les métaux précieux (or et argent) constituaient la seule forme de monnaie. En Angleterre par exemple, les sommes importantes ne pouvant être conservées en sécurité étaient déposées auprès d’orfèvres (Goldsmiths), contre reçu. La plus ancienne trace officielle de dépôt d’argent auprès d’un orfèvre remonterait à 1633. Les déposants qui devaient se procurer de l’argent pour effectuer un paiement se tournaient vers l’orfèvre pour celui-ci. Les déposants trouvèrent cependant vite plus commode de transférer le reçu remis par l’orfèvre plutôt que la monnaie métallique. En conséquence, vers 1670, les reçus comportaient à la fois le nom du porteur et celui du déposant. Dès lors que la monnaie métallique était lourde et que son transport présentait des risques, elle fut assez rapidement détrônée, en qualité de moyen de paiement, par les reçus, ce qui conduisit les orfèvres à conserver à demeure d’importants stocks de monnaie métallique. L’histoire n’a pas retenu le nom du premier orfèvre à avoir réalisé que la probabilité que l’ensemble de ses clients retirent simultanément leurs pièces était très faible et qu’il pourrait tirer des revenus d’intérêts des prêts effectués avec une partie de l’argent qui lui a été confié. Plus encore, dès lors que les reçus étaient acceptés de manière suffisamment large comme moyen de paiement, il n’était nullement besoin de prêter de la monnaie métallique aux emprunteurs, l’émission de reçus suffisait. Encore appartenait-il à l’orfèvre de déterminer le montant raisonnable de monnaie à émettre sous forme de reçus, afin de demeurer en mesure d’honorer une demande importante de monnaie métallique et éviter la faillite et la disgrâce. La banque de dépôt telle que nous la connaissons a sans doute été inventée en Écosse au tournant du XVIIIe siècle. Elle recevait de l’or des déposants et leur remettait en échange des billets qualifiés de « certificats de dépôts » qui se mirent à circuler entre les agents économiques pour éteindre les dettes et jouer ainsi le rôle de monnaie. Au vu des faibles demandes de retraits d’or, les dépositaires prirent conscience de la possibilité d’émettre plus de certificats de dépôts qu’ils n’avaient reçu d’or : l’octroi de crédit et la création monétaire ex nihilo étaient nés.
Histoire
Aux origines de la création monétaire par les banques commerciales
Créé le
04.03.2016-
Mis à jour le
11.03.2016