Analyse des critères permettant de définir le caractère systémique d’une activité : le cas de l’assurance
Créé le
23.05.2011
-
Mis à jour le
31.05.2011
La taille. Dans le cas de l’assurance, et comme cela a été relevé par les régulateurs du
secteur
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, celle-ci a un effet positif pour les assureurs en ceci qu’elle permet une meilleure répartition du risque. Nous sommes en effet, à la différence d’un certain nombre d’activités financières, dans le domaine de la loi des grands nombres. De plus, comme cela a été indiqué précédemment, les sinistres en assurance sont assez peu corrélés au cycle économique.
L’interconnectivité trouve peu à s’appliquer dans le domaine de l’assurance. Elle est importante dans la banque parce que pour gérer leur trésorerie de façon optimale, les banques sont à la fois prêteur et emprunteur sur le marché monétaire. Elles sont aussi parties prenantes dans les systèmes de paiements nationaux ou internationaux. Tel n’est pas le cas des compagnies d’assurance, qui sont certes excédentaires en trésorerie, mais gèrent leur risque de contrepartie en diversifiant les placements et les établissements concernés.
La substituabilité. Là encore, la situation de l’assurance est différente de celle de la banque. Il est habituel que des portefeuilles en run-off soient cédés. Cela ne pose pas de problème majeur. De même, le transfert d’actifs gérés pour compte de tiers, qui est pour l’essentiel l’activité d’assurance vie, est une technique maîtrisée. Une autre différence avec la banque tient au fait que les activités sont plus isolées et que le nombre d’opérations réalisées chaque jour avec les clients est beaucoup plus réduit.
Le risque de contagion. Le processus de transmission d’un déséquilibre sur les marchés est nécessairement plus long et souvent plus diffus dans l’assurance. Ceci s’explique en premier lieu par la longueur du cycle d’assurance. Une compagnie n’est pas tenue de réaliser des ventes d’urgence ; les crises, même longues, ont une durée plus courte que le cycle de l’assurance. Les actifs détenus par les compagnies tant au titre des activités vie que non-vie sont constituées pour une part significative par des obligations, et les compagnies ont vocation à les détenir jusqu’à leur échéance. La problématique est différente de celle des banques qui classent la plupart de ces actifs dans leur trading book et sont donc valorisés en mark to market, ce qui a pour conséquence d’impacter immédiatement leur solvabilité.
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« IAIS position statement on key financial stability issues », 4 juin 2010
À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº737
Notes : 1 « IAIS position statement on key financial stability issues », 4 juin 2010