Comment voyez-vous les FinTechs dans l’ asset management ?
Au départ, la FinTech s’est surtout développée dans une approche « verticale », en offrant un service financier spécifique, centré sur un usage et sur la clientèle de particuliers. S’agissant de l’asset management , cela s’est traduit par le robo advisor, d’abord aux États-Unis (Betterment, WealthFront), puis dans le monde entier. Il s’agissait certes d’une innovation, qui a joué son rôle dans la réponse aux évolutions de comportements des clients, mais avec une composante technologique moyenne.
La seconde vague voit les usages être tirés par les technologies (Intelligence artificielle, Big Data, blockchain, Internet des objets) et non plus l’inverse. Concernant l’asset management, elle se traduit par l’enrichissement des algorithmes, mais aussi et surtout le recours à l’IA et l’utilisation massive des données.
Aujourd’hui, la troisième vague du robo dépasse le strict conseil en investissement financier, en adoptant une approche patrimoniale globale du client, prenant en compte ses actifs mais aussi son passif (endettement), enrichie avec des données externes, structurées ou non, grâce notamment à l’Open Data. Le client est pris en charge plus globalement (« horizontalisation »). Par ailleurs, la FinTech investit toute la chaine de valeur du métier : allocation d’actifs, analyse, recherche, risques, reporting, RegTech…
Quels maillons de la chaine de valeur sont disruptés par les FinTechs ?
Toute la chaîne de valeur est concernée, dans un métier où les coûts d’accès aux clients sont élevés, la rentabilité (encore) importante et les attentes immenses.
Les technologies vont rebattre les cartes, avec certains paradoxes, tels que certains avantages rendus au producteur aux dépens du distributeur, qui reste le grand vainqueur des vingt années précédentes.
Le cœur de la gestion lui-même est touché : ainsi l’analyse financière elle-même va-t-elle profondément évoluer, devenant plus prédictive grâce à l’analyse des données structurées et non structurées, des signaux faibles et au Machine Learning.
Comment voyez-vous le positionnement de la France dans la compétition ?
La France a beaucoup d’atouts, d’abord parce que les compétences sont nombreuses et reconnues, conséquence de nos excellentes filières mathématiques et financières. Il faut souligner que Facebook a choisi Paris pour ouvrir son centre de recherche dans le domaine de l’IA, le Facebook Artifical Intelligence Research, pour les compétences, mais aussi parce que les Français adoptent plus facilement les nouvelles technologies. Le potentiel de disruption est énorme en France. « France is the next big thing », comme le prophétise John Chambers, CEO de CISCO.