Banques françaises à l’international : une expansion mesurée

Introduction

Banques françaises à l’international : une expansion mesurée

La crise et les nouvelles contraintes réglementaires ont conduit les banques françaises à redimensionner leur réseau d’implantations à l’international. Entre cessions et acquisitions ciblées, l’heure est au recentrage sur leur cœur de métier. Les banques françaises sont aussi confrontées dans certains pays émergents à la montée en puissance des établissements locaux mais aussi de banques étrangères, en particulier anglo-saxonnes.

Les déploiements futurs seront sans doute plus mesurés que par le passé et les positionnements plus affirmés.

La crise et les nouvelles contraintes réglementaires ont conduit les banques françaises à redimensionner leur réseau d’implantations à l’international. Depuis fin 2008, l’heure est à la cession des activités jugées non stratégiques et au recentrage sur leur cœur de métier.

Cependant, comme le souligne Georges Pujals, chargé d’études au Bureau van Dijk et professeur associé à l’INSEEC Business School, « les banques françaises n’ont pas pour autant tiré un trait sur leurs ambitions de conquête à l’international ».

Trouver des relais de croissance

De fait, elles ne veulent pas se priver de marchés qui affichent des taux de croissance parfois bien supérieurs à ceux constatés en Europe. Certains pays africains par exemple, « montrent des économies, des populations et des taux de bancarisations tous orientés à la hausse. Cette triple progression assure un développement structurel de notre activité », souligne Bernardo Sanchez Incera, directeur général délégué en charge du pôle Banque et Services financiers internationaux à la Société Générale.

Toutefois, elles seront plus sélectives sur leur croissance externe, leurs acquisitions et les activités dans lesquelles elles souhaitent se développer. Par ailleurs, la gestion de ces implantations internationales est aujourd’hui plus serrée : les coûts opérationnels ont été réduits et les équilibres bilanciels sont particulièrement surveillés. Par exemple, la stratégie du Crédit Agricole CIB a été de « réduire le recours à la liquidité en dollars sur le marché grâce à l’association plus systématique d’investisseurs à nos côtés et au renforcement de notre capacité à collecter des dépôts en dollars auprès de nos clients » précise Régis Monfront, directeur général délégué de Crédit Agricole CIB.

Dans certains pays émergents cependant, les banques françaises sont aujourd’hui confrontées à la montée en puissance des établissements locaux mais aussi de banques étrangères, en particulier anglo-saxonnes. Certains observateurs estiment, en effet, que les banques américaines notamment, plus vite contraintes à des recapitalisations massives suite la crise des subprime, ont aussi plus vite regagné une marge de manœuvre à l’international.

Un positionnement plus affirmé

Enfin, d’autres mettent aussi les banques françaises en garde contre une concentration excessive subsistant sur certains pays qui affichent parfois des risques substantiels : ainsi sur 6 pays ayant connu des crises politiques et institutionnelles majeures au cours des dernières années, Thierry Apoteker, et Matthieu Pautonnier, respectivement P-DG et économiste quantitatif chez TAC, notent « une part de marché exceptionnellement élevée des banques françaises » et recommandent une diversification de portefeuille.

Ainsi, les déploiements futurs des banques françaises au-delà de leur marché domestique devraient être sans doute plus mesurés que par le passé et leurs positionnements plus affirmés.

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