Surendettement : le poids des charges de la vie courante augmente

Bonne nouvelle sur le front du surendettement puisque le nombre de cas a baissé de 15 % entre 2019 et 2021. La vigilance reste toutefois de mise, alors que les charges de type logement, impôt, énergie et communication progressent fortement.

Les causes de surendettement de plus en plus proches

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°866

L'enjeu de la rentabilité

Dans son enquête typologique du surendettement 2021, la Banque de France confirme la baisse de 15 % du nombre de situations de surendettement entre 2021 et 2019. « Il ressort de la comparaison des données avec celles de l’année 2019, prise comme année de référence compte tenu des particularités de l’année 2020, que la crise sanitaire n’a donné lieu à aucune reprise du surendettement, ni immédiatement, ni avec retard », souligne le rapport. Parmi les 112 968 situations considérées comme recevables, 43 % ont fait l’objet d’une orientation vers un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, au terme de laquelle les ménages concernés voient leurs dettes intégralement effacées. Les autres sont essentiellement orientées vers des mesures de réaménagement de dettes, avec ou sans effacement.

L’isolement pénalisant

L’analyse des dossiers montre que « les personnes surendettées sont souvent isolées et dans des situations sociales et financières difficiles : 55 % d’entre elles sont séparées, célibataires ou veuves ; 26 % sont au chômage ; 23 % sont sans profession, en congé maladie de longue durée ou invalides », indique le rapport. Les femmes sont particulièrement touchées (56 % des cas chez les 25-64 ans), en raison de plus faibles rémunérations et parce qu’elles sont presque cinq fois plus fréquemment que les hommes en situation de monoparentalité.

Le montant total de l’endettement contracté par ces ménages a atteint 4,9 milliards d’euros en 2021, contre un pic à plus de 8 milliards d’euros en 2014. Les dettes à la consommation forment la première catégorie de dette, pesant 36,3 % du total, malgré une baisse tendancielle (voir graphique). Suivent les dettes immobilières (31,4 %). L’étude souligne que l’endettement immobilier total des ménages surendettés a baissé de 1,1 milliard d’euros depuis 2017, alors même que les flux de nouveaux crédits à l’habitat n'ont jamais été aussi élevés que ces cinq dernières années. « A contrario, les dettes de charges courantes et les autres dettes s’accroissent de quatre points de pourcentage », souligne la Banque de France. Le montant des dettes de charge courante (logement, impôt, énergie, communication) progresse ainsi de 17 % par rapport à 2020.