Chine

Evergrande entraîne le secteur immobilier dans sa chute

Evergrande entraîne le secteur immobilier dans sa chute

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°861

Face au climat

Bien malin celui qui peut dire comment – et surtout où – va finir la tempête Evergrande. On sait assez précisément, en revanche, à quelle date elle s’est mise à souffler : il y a presque trois mois, quand les marchés ont commencé à s’inquiéter de la dette abyssale du géant de l’immobilier chinois, plus de 300 milliards de dollars (260 milliards d’euros), après que Pékin a imposé au mois d’août des ratios prudentiels drastiques pour réduire le recours à l’emprunt des promoteurs, au nom de sa nouvelle politique de « prospérité commune ».

Depuis, d’échéance en échéance, Evergrande survit. Il a honoré de justesse la dernière fin octobre, à l’heure où nous écrivons ces lignes, en payant in extremis 83,5 millions de dollars (71,2 millions d’euros) à des créanciers étrangers, mais avait manqué la précédente, un mois plus tôt. Auparavant, il y avait eu d’autres défauts de remboursement et le groupe doit toujours beaucoup d’argent à des fournisseurs impayés et livrer des centaines de milliers d’appartements inachevés mais réglés d’avance.

Plus grave pour l’économie chinoise, déjà touchée par des prévisions de croissance à la baisse, la bulle enfle. D’autres promoteurs surendettés, Sinic, Fantasia ou Modern Land notamment, ont fait défaut à leur tour ces dernières semaines. Effet secondaire, alors que les prix des logements baissent légèrement dans les grandes villes, pour la première fois depuis six ans, le Premier secrétaire du Parti communiste, Xi Jinping, a remis officiellement sur le tapis la taxe foncière, dont il juge qu’elle est la seule solution à la crise et aux inégalités engendrées par la spéculation immobilière.