Titriser plus pour financer plus : à quelles conditions ?

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

Introduction

Titriser plus pour financer plus : à quelles conditions ?

Après le coup d’arrêt de la crise des subprime, émetteurs, investisseurs et régulateurs s’accordent sur le fait que le marché de la titrisation doit repartir. Mais comment empêcher que ne se reproduisent les abus des années 2000 ? Et comment redonner confiance aux investisseurs institutionnels sans brider les originateurs ? Alors que les esprits se sont apaisés, différentes pistes sont explorées pour que cet outil serve à nouveau au financement de l’économie réelle.

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Subprime, CDO d’ABS, SIV, modèle « originate to distribute »… Le champ lexical de la titrisation n’a jamais été autant utilisé depuis le déclenchement de la crise. Et pour cause puisqu’elle est accusée d’en être largement responsable. Alors que les esprits s’apaisent, professionnels et régulateurs entreprennent de trier le bon grain de l’ivraie. « La titrisation a le même rôle dans la crise que l’automobile dans l’accident de la circulation : c’est un outil que beaucoup utilisent avec sagesse et d’autres de façon immodérée », clame Richard Weiss, président de GTI et précurseur de la titrisation française.

La titrisation n’est pas de l’alchimie

Si l’on s’en tient à son objectif d’origine, la titrisation – securitization en anglais – n’a rien d’un montage financier abscons et déconnecté de l’économie réelle. Il s’agit en effet de transformer des créances illiquides présentes au bilan des banques et autres émetteurs de crédit, en titres négociables et liquides, principalement des obligations. Ils sont achetés par des investisseurs, libérant ainsi des fonds à réinvestir dans de nouveaux prêts. Certes, la titrisation fait appel à des modèles mathématiques complexes, assurant un tri intelligent du risque entre les différentes « tranches » des opérations. Mais dévoyé, cet outil s’est transformé en bombe à retardement pour l’ensemble du système bancaire international.

Aujourd’hui, il s’agit pour les acteurs et les autorités de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain et de faire repartir le marché sur des bases saines. Car à l’heure où les banques sont fortement engagées à rouvrir les vannes du crédit, en particulier aux PME, cet outil a un rôle essentiel à jouer dans leur capacité de financement, alors que les doutes planent sur les futures contraintes bâloises. « Si l’on prend une estimation basse de l’encours titrisé aujourd’hui, 20 000 milliards de dollars, et une moyenne de 8 % de fonds propres que les banques doivent mobiliser pour couvrir leurs risques, cela ferait 1 600 milliards de dollars de fonds propres à trouver pour financer l’économie sans la titrisation », calcule Richard Weiss.

Assainir et inciter

Les pistes de réforme sont nombreuses et plus ou moins abouties : obligation pour les banques de retenir une part des actifs qu’ils titrisent dans leur bilan, alourdissement prudentiel des produits les plus risqués, mise en place d’un label pour les titrisations les plus standards, accroissement de la transparence sur les opérations ou encore renforcement de la due dilligence des acheteurs sont parmi les solutions avancées. Les différents intervenants du marché, émetteurs, investisseurs, mais aussi intermédiaires et agences de notation livrent leurs attentes pour un marché de la titrisation post-crise. En jeu : le financement de la croissance des cinquante prochaines années.

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

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