Gestion alternative

Les hedge funds dans la tourmente

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

Les hedge funds dans la tourmente

Parfois spéculatifs, souvent installés dans des places offshore, réputés pour être performants même quand les marchés sont difficiles, les hedge funds ont globalement déçu depuis le début de la crise : performances inégales, investisseurs bloqués dans certains fonds, scandale Madoff​… À ces déconvenues s’ajoutent les cicatrices laissées par la faillite de Lehman Brothers, dont la filiale de prime brokerage finançait de nombreux hedge funds. Consciente de ses faiblesses, l’industrie cherche un nouveau modèle.

Les hedge funds dans la tourmente

Enfants terribles de la gestion d’actifs, les hedge funds sont souvent installés dans des places offshore et gérés par de petites sociétés. S’ils choisissent ces emplacements, c’est avant tout pour être libres d’utiliser tous les instruments financiers existants, sans être bridés par une réglementation contraignante. Mais les places offshore sont également permissives sur le plan opérationnel : les fraudes y sont plus faciles. Par exemple, certaines des parties prenantes du réseau Madoff étaient localisées offshore.

Autre préoccupation : la liquidité s’est révélée problématique pendant la crise. Nombre d’investisseurs, qu’ils aient choisi de placer leurs biens onshore ou offshore, ont été pris au piège dans certains fonds, ne pouvant plus récupérer leur mise.

Pour éviter ces difficultés, les investisseurs ont tendance à opter pour la formule des comptes gérés. Elle offre une liquidité importante et rend les fraudes « impossibles », selon Lyxor, leader mondial. Il ne s’agit toutefois pas d’une solution miracle. En effet, les plates-formes de comptes gérés ne permettent pas d’accéder à l’intégralité des stratégies alternatives et ne garantissent pas les performances des gérants. Il s’agit donc de sélectionner correctement les fonds en identifiant les rares stratégies qui résistent à la crise.

Autre avancée en termes de sécurité : l’adoption de la Directive AIFM. Elle vise à dédiaboliser la gestion alternative et freine la commercialisation des fonds offshore dans l’espace communautaire. Toutefois, certains pays onshore – l’Irlande et le Luxembourg par exemple – « offrent désormais un cadre juridique qui permet la même flexibilité que celui des  places offshore », selon Olivier Florin, partner au sein de la société de gestion ERAAM. Les gérants alternatifs pourront donc continuer de laisser libre cours à leur inventivité financière.

Les efforts destinés à accroître la sécurité concernent également la relation des fonds avec leurs prime brokers. Ces derniers ré-hypothéquaient les actifs déposés par les fonds avant la faillite de Lehman Brothers. Depuis, cette pratique est en net recul, ce qui réduit l’interdépendance entre acteurs financiers.

Toutefois, les hedges sont toujours perçus comme menaçants pour la stabilité financière, notamment en raison des niveaux d’endettement pratiqués dans les fonds. Pourtant, le levier semble aujourd’hui être utilisé avec une plus grande modération qu’avant la crise (voir l'article de Fabrice Cuchet, Dexia AM). La gestion alternative aurait même une vertu stabilisatrice et contracyclique (voir l'article de Christian Walter), car elle n’est pas moutonnière.

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

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