Financement des infrastructures en Afrique

L’heure de la mobilisation

Dossier réalisé par Laure Bergala

L’Afrique connaît un grand déficit structurel d’infrastructures, sociales et économiques. Ce vaste continent pluriel et disparate composé de 54 pays manque d’infrastructures de transport, d’eau et d’assainissement, d’accès à l’énergie… Certains besoins essentiels pour les populations ne sont pas suffisamment pourvus alors qu’ils sont indispensables au développement économique. En Afrique subsaharienne, 640 millions de personnes vivent sans électricité et environ 340 millions n’ont pas accès à l’eau potable. De plus, les infrastructures sont insuffisamment financées sur le continent. La Banque africaine de développement (BAD) chiffre les besoins entre 130 et 170 milliards de dollars par an.

Pourtant en 2018, pour la première fois, plus de 100 milliards d’euros ont été employés au financement des infrastructures en Afrique, selon le rapport du Consortium pour les infrastructures en Afrique (ICA). Les États africains sont les premiers financeurs (37 % des engagements). Mais leurs budgets sont modestes et contraints, et la crise de la Covid-19 a relancé le sujet des dettes souveraines et de leur soutenabilité. Elle a des conséquences économiques davantage que sanitaires en Afrique à ce jour. Le confinement et le ralentissement de l’activité mondiale ont fortement pesé sur l’activité et après deux décennies de croissance, l’économie africaine pourrait se contracter 3,4 % en 2020, d’après la BAD. Or la croissance est engendrée en bonne part par l’investissement public dans les infrastructures et il importe donc de poursuivre ou relancer les projets. D’autant que la pandémie n’a fait qu’accentuer les besoins et rend plus nécessaire encore le développement des infrastructures sociales, de santé, et la poursuite du déploiement des nouvelles technologies.

Relancer l’activité, poursuivre et accentuer les projets d’infrastructure et faire en sorte que les États soient moins sollicités signifie que les freins doivent être levés pour que les acteurs privés s’impliquent davantage dans ces financements. L’heure est plus que jamais à la mobilisation de ressources ne provenant pas du gouvernement, mais de ressources privées internationales et également locales à l’heure où les investissements extérieurs sont en baisse et alors que de nombreux capitaux privés africains sont disponibles et pourraient être davantage mobilisés.

À côté des États, les institutions de développement, des acteurs majeurs du financement des infrastructures, peuvent aider à cette orientation comme la BAD qui déploie des instruments innovants destinés à mobiliser des capitaux privés. Les banques commerciales africaines peuvent intervenir dans le financement des infrastructures, souvent en association avec des partenaires institutionnels. Le groupe BGFIBank, premier groupe financier d’Afrique centrale, participe dans ses différentes implantations à l’accompagnement et au financement d’infrastructures. Alors que les bourses du continent poursuivent leurs déploiements et continuent à se consolider, les marchés de capitaux obligataires, en favorisant une meilleure intervention des investisseurs institutionnels, mais aussi actions, sont une source de financement pour les infrastructures. Les partenariats publics privés (PPP) permettent de mobiliser des investisseurs privés sur les projets d’infrastructures en atténuant des risques qui seraient rédhibitoires. Ils ont émergé en Afrique et sont appelés à se développer.

Les ressources existent pour permettre à l’Afrique de dépasser la crise actuelle provoquée par la pandémie de Covid-19 et, au-delà, pour chercher à atteindre d’ici 2030 le neuvième des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU, qui vise à « bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation ».

Dossier réalisé par Laure Bergala

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