Économie

Vers plus d’individualisation des retraites dans les systèmes par capitalisation ?

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°809

Crédit aux PME : de nouvelles tendances émergent

Dans la plupart des pays, les institutions de retraite professionnelles par capitalisation font face à d’importants défis et connaissent des problèmes de soutenabilité. On a dès lors assisté, ces dernières années, à une tendance à l’individualisation des pensions, avec notamment le passage de fonds à prestations définies vers des fonds à cotisations définies, le développement de comptes individuels, de fonds hybrides, etc. Mais si les systèmes à prestations définies font porter des risques trop importants aux entreprises, ils contiennent des mécanismes de partage des risques efficaces, entre générations, ou, via la renégociation des contrats, entre employeurs et employés. Les solutions entièrement individualisées présentent, certes, l’avantage de la flexibilité et la capacité à s’adapter aux préférences d’individus hétérogènes, mais elles font porter à l’individu de nombreux risques : ceux liés à l’investissement, à la conversion du capital en rente ou, si l’individu décumule son capital par lui-même, les risques biométriques.

Dans le cas des risques biométriques (notamment longévité, mortalité), les individus peuvent les couvrir complètement en achetant une rente auprès d’un assureur. Mais cette protection a un coût. En pratique, on constate que les individus convertissent peu leur capital en rente (c’est la fameuse « énigme des annuités ») et que les assureurs sont peu enclins à porter trop de risque de longévité dans leur bilan. Dans un récent article [1], nous montrons qu’une solution intermédiaire, le fonds d’annuité mutualisé, où le risque de mortalité est mutualisé au sein d’un pool d’individus et le risque de longévité porté par les individus, s’avère très attractive. Dans ce type de contrat, les prestations de retraite peuvent fluctuer faiblement par rapport à une rente classique, car elles s’ajustent aux évolutions de la longévité. Mais les prestations sont en moyenne un peu plus élevées que dans la solution assurantielle impliquant une rente viagère, où les ajustements à la hausse sont capturés par l’assureur. Ces fonds viennent d’être autorisés aux Pays-Bas. Insérer des mécanismes collectifs de partage des risques au sein de solutions individualisées serait-il la solution ?

 

[1] Boon L.N., M. Brière and B. Werker (2017), “Longevity Risk : To Bear or to Insure ?”, SSRN Working Paper N°2926902.

 

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