Investissement

Robo-advisors : un impact mesurable

Dans l’univers de la gestion d’actifs, les robo-advisors se multiplient

L'auteur

  • M. Brière 2
    • Responsable du Centre de recherche aux investisseurs
      Amundi
    • Professeur associé
      Université Paris-Dauphine

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°855

Banque de détail : la crise accélère une transformation nécessaire

Le marché des robo-advisors est en pleine expansion. Les actifs sous gestion de ces conseillers robotisés ont crû d’environ 40 % sur l’année 2020, et devraient atteindre 1 370 milliards de dollars répartis entre plus de 70 millions d’utilisateurs à travers le monde, d’après Statista. D’ici à 2025, ce marché devrait croître annuellement de 20 % [1]. Même si le taux de pénétration des robots-conseillers est encore faible, il devrait poursuivre sa croissance dans le futur, notamment auprès des jeunes générations et dans les pays émergents.

Le développement des robots-conseillers s’appuie sur plusieurs besoins. D’une part, les décisions d’investissement prises par les particuliers concentrent plusieurs lacunes, comme une faible diversification des placements, une faible participation aux marchés actions, des biais de familiarité (préférence nationale, etc.), souvent liée à un déficit d’éducation financière, et un manque d’attention des particuliers à leurs investissements. D’autre part, la réduction des coûts, l’amélioration de la relation-client avec davantage de personnalisation des offres ou encore la limitation des conflits d’intérêts des conseillers humains constituent des axes d’amélioration importants.

Dans une récente recherche [2], nous avons conduit une étude spécifique portant sur un échantillon d’environ 20 000 utilisateurs de robo-advisors en France durant une période de deux ans, comparés à un échantillon test d’épargnants non conseillés. Nous trouvons que les jeunes et les investisseurs plus attentifs à leur épargne sont plus susceptibles de souscrire aux services du robot. Les investisseurs avec des portefeuilles plus petits allouent une plus grande fraction de leur épargne au robot. Après avoir pris le robot, les investisseurs sont enclins à mieux diversifier leurs placements, prendre plus de risques et rebalancer leur portefeuille de manière à maintenir leur allocation plus proche de la cible. Ils bénéficient également de rendements ajustés du risque plus élevés. Ces effets ont tendance à être plus forts pour les investisseurs ayant des portefeuilles plus petits, qui sont moins susceptibles d'avoir accès aux conseils traditionnels. Ces résultats encourageants suggèrent que l'automatisation des conseils financiers peut favoriser l'inclusion financière.

 

 

[1] https://www.statista.com/outlook/dmo/fintech/personal-finance/robo-advisors/worldwide.

[2] Bianchi M. et M. Brière, « Robo Advising for Small Investors », SSRN Working Paper n° 3751620, 2021 : https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3751620.

 

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