Économie

La politique monétaire américaine a dopé la compétitivité

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La politique monétaire américaine a peu d’effet sur le crédit, dans un contexte où les ménages consolident leur situation financière, où le chômage et la poursuite de la baisse des prix de l’immobilier se prêtent mal à soutenir tant la demande que l’accès au crédit. Les entreprises ont redressé leur situation financière, elles dégagent un taux d’autofinancement record.

En fait, la politique monétaire a pour effet conjoint d’accompagner la politique budgétaire en allégeant le fardeau de l’endettement public et de favoriser la prise de risque inhérente à la recherche de rendement. La reprise américaine, dans un premier temps soutenue par une politique budgétaire agressive, paraît aujourd’hui s’asseoir sur des bases plus solides. Les profits, tombés à 6,9 % du PIB contre 10,6 % avant la crise, atteignaient 13 points de PIB fin 2011. La maîtrise des salaires conjuguée à des gains de productivité soutenus (7 % en cumul depuis mi-2008) a limité la hausse des coûts unitaires du travail à 1,2 % au cours de la période. L’emploi dans le secteur privé se redresse, l’investissement productif a repris et la compétitivité augmente.

La maîtrise des coûts, conjuguée à la baisse du dollar, a entraîné une dépréciation tendancielle de la monnaie américaine. Le change effectif réel du dollar s’est tassé de quelque 35 % en 10 ans. En expression dollar, les salaires ont augmenté, en données cumulées, de 38 %, contre 59 % en Allemagne et 80 % en France. Leur niveau, comparable aux États-Unis à celui observé en France ou en Allemagne au début des années 2000, s’inscrit à un niveau aujourd’hui bien inférieur (35 dollars, contre 44 en Allemagne et 45 en France). Les États-Unis ont ainsi renoué avec une contribution positive récurrente de leur commerce extérieur à la croissance et ont cessé de perdre des parts de marché à l’étranger. Les entrées d’investissements directs sont soutenues. La voie d’une croissance autoentretenue paraît s’ouvrir. Pour autant, il est difficile d’envisager une croissance durablement supérieure au potentiel (2,7 % au mieux). Il faudra ainsi de longues années avant de venir à bout du chômage. Il faut en effet compter avec une consolidation budgétaire incontournable.

 

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