Gestion d'actifs

La gestion collective a anticipé le compromis sur la dette grecque

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°739

Infrastructures de marchés : halte au dopage technologique !

Les chiffres à mi-parcours sur le millésime 2011 restent négatifs. Après un recul de 2 % au premier trimestre, les encours de la gestion collective française continuent donc de refluer avec une baisse de 2,4 % au second trimestre. Sur un an glissant, le repli est de 3,6 % et l’encours sous gestion se rapproche du seuil des 800 milliards d'euros, soit le niveau de 2005.

Depuis 2 ans maintenant, nous vivons une situation chaotique, rythmée par les déclarations des officiels européens : aux périodes d’accalmie succèdent des phases de crise aiguë. Ce qui frappe désormais, c’est le décalage qui existe entre les anticipations de marché et les discours officiels. Les opérateurs ont tendance à privilégier un scénario de restructuration de la dette grecque alors que les seconds mettent l’accent sur la possibilité d’éviter un tel événement. Au-delà d’un clivage banal parce qu’habituel, diront certains, se profile le risque de contagion de la crise de la dette souveraine euro vers des pays comme l’Espagne et l’Italie, notamment.

Une orientation vers la sécurité et la liquidité

Dans un tel contexte, l’analyse des souscriptions nettes indique en moyenne une orientation vers la sécurité et la liquidité. Si une telle situation avait été favorable aux OPCVM de trésorerie en 2008, au plus fort de la crise des subprime, ce n’est plus le cas en 2011 car les banques se mettent en ordre de marche pour Bâle III et préfèrent orienter les flux de souscriptions vers des produits plus liquides. La décollecte sur le trimestre atteint près de -11,5 milliards d’euros. Dès lors, l’encours de ces fonds est en repli pour le 8e trimestre consécutif.

Naturellement, la situation de la dette souveraine euro impacte directement les OPCVM d’obligations et les opérations de rachats ont repris de l’ampleur durant le mois de juin. Pour le 3e trimestre consécutif, la classe d’actifs enregistre une décollecte, cette dernière atteignant -2 milliards d’euros lors de ce trimestre.

Des opportunités extraordinaires

Le risque de contagion peut déboucher sur une crise systémique. Ces risques, potentiellement extrêmes suivant le niveau de contagion atteint, génèrent paradoxalement des opportunités d’investissement extraordinaires, notamment vers les entreprises souffrant de la dette souveraine de leur pays. Le secteur bancaire offre désormais un couple rendement/risque attractif compte tenu de ses faibles multiples boursiers de valorisation. Les fonds obligations high yield ont continué de bénéficier d’une allocation nette significative et les opérations menées sur les OPCVM actions, bien qu’affichant une situation de rachat à hauteur de 250 millions d’euros, s’inscrivent dans ce schéma optimiste de restructuration de la dette grecque, avec des allocations nettes positives sur les  fonds actions France, Euro et Europe presque entièrement dévolues aux fonds de gestion passive.

Des investisseurs optimistes

En revanche, la possibilité d’une inflexion prématurée du cycle de croissance mondiale, principalement aux États-Unis et en Chine, a conduit les investisseurs à rester à l’écart des fonds actions internationales et des fonds actions marchés émergents. Sur le compartiment des fonds actions sectorielles, la demande en fonds actions or et matières premières s’est nettement retournée en juin, induisant -136 millions d’euros de décollecte trimestrielle, contre une allocation nette de +820 millions d’euros en début d’année.

À un moment charnière pour les marchés, la situation économique des entreprises et le refus du catastrophisme portent à une prudence tactique des promoteurs de fonds, mais les évolutions de la collecte montrent des investisseurs optimistes pour le second semestre.

 

Achevé de rédiger le 18 juillet 2011

 

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