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Gestion d’actifs : le statu quo n’est plus une option

L’assureur français Axa serait en pleine réflexion concernant l’avenir de son gestionnaire d’actifs en Europe. Le projet de rapprochement d’Axa IM s’inscrit dans un contexte plus global de consolidation de l’industrie de la gestion d’actifs.

2 . A X A I M E N B R E F

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Chargé de cours
      Université Paris-Descartes

Pour en savoir plus

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  • 1. PRINCIPALES OPÉRATIONS DE M & A DANS LE MONDE

    1. PRINCIPALES OPÉRATIONS DE M & A DANS LE MONDE

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°813

Zone euro, union bancaire… Qu’attendre de l’ère Macron ?

L’assureur français Axa aurait engagé une réflexion stratégique sur l’avenir de sa filiale de gestion d’actifs en Europe, Axa Investment Managers (Axa IM). Des discussions avec plusieurs de ses concurrents nationaux, notamment Natixis et BNP Paribas, seraient même en cours ou à l’étude. Ce n’est pas la première fois que de telles informations circulent dans la sphère financière. Pour autant, cette fois-ci les rumeurs de marché sont particulièrement insistantes et, surtout, la situation générale de l’industrie européenne de la gestion d’actifs a profondément changé. En effet, elle est actuellement très favorable à une nouvelle phase de consolidation. Depuis un an, les opérations de fusion-acquisition d’envergure se multiplient d’ailleurs un peu partout entre gestionnaires d’actifs. Parmi les principales transactions qui ont marqué l’année écoulée : le mariage entre Henderson et Janus, l’opération Standard Life-Aberdeen ou encore le rachat de l’italien Pioneer par Amundi, en décembre 2016. Dans un contexte de taux bas, de montée en puissance de la gestion passive ou encore d’évolutions réglementaires et technologiques qui captent une part croissante de leurs ressources, la pression sur les marges des gérants s’est considérablement accrue. Dès lors, les gestionnaires d’actifs comptent sur les économies d’échelle réalisées dans le cadre des opérations de croissance externe pour amortir leurs coûts fixes et ainsi doper leur rentabilité. C’est pourquoi une véritable course à la taille s’est engagée pour les grands gestionnaires européens généralistes, avec en ligne de mire la barre symbolique des 1 000 milliards d’euros d’encours.

Le groupe Axa est aujourd’hui présent dans la gestion d’actifs au travers de deux filiales. Axa IM en Europe (v. Encadré 2) et AB (anciennement Alliance Bernstein) aux États-Unis. Au 30 juin 2017, Axa Investment Managers gérait un portefeuille de 735 milliards d’euros d’actifs tandis qu’outre-Atlantique, AB détenait 460 milliards d’euros. De leur côté, Natixis Global Asset Management (NGAM) affichait 834,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion et BNP Paribas Asset Management environ 566 milliards d’euros. Grâce au mariage d’Axa IM avec l’un de ses deux compatriotes, l’assureur français créerait un nouveau géant européen de la gestion d’actifs, en capacité de rivaliser avec les 1 342 milliards d’euros d’encours gérés par Amundi, l’actuel leader français et européen du secteur. Les dirigeants d’Axa ont néanmoins fait savoir à la mi-octobre, dans un courrier adressé aux salariés du gestionnaire d’actifs, que la filiale Axa IM restait un « actif stratégique » du groupe d’assurance, laissant ainsi supposer qu’elle n’est plus à vendre. Cela ressemble davantage à un exercice destiné à rassurer en interne sur les conséquences sociales d’un futur rapprochement, car il est une évidence que la consolidation de l’industrie européenne de la gestion d’actifs va se poursuivre et que la filiale de l’assureur français a clairement vocation à y jouer les premiers rôles.

Achevé de rédiger le 23 octobre 2017

 

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