Faut-il continuer ?

L'auteur

  • Philippe Weber
    • Responsable des études et de la stratégie
      CPR Asset Management

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°793

Cybercriminalité : un risque systémique pour les banques

En décembre, la Réserve fédérale a – enfin – amorcé la hausse du taux directeur, passé de 0-0,25 % à 0,25-0,50 %. Et maintenant ? On continue. Si l’on en croit les « petits points » (dots) qui indiquent pour chaque membre du FOMC le niveau qu’ils jugent optimal à chaque échéance, le taux devrait être relevé d’un quart de point tous les trimestres – très grande prudence donc. Bien sûr, tout dépendra des données. Mais pour l’instant, celles-ci montrent une économie sans doute pas flamboyante, mais solide. Les créations d’emplois, après un très relatif trou d’air à l’été, ont retrouvé un rythme vigoureux (+292 000 en décembre). L’inflation totale est basse et va le rester plus longtemps qu’anticipé, avec la nouvelle baisse du prix du pétrole. Mais d’autres indicateurs que l’indice des prix total (l’inflation médiane, par exemple) sont rassurants et montrent sans équivoque qu’il n’y a pas de pression déflationniste. Lente et régulière remontée des taux, donc. Quel événement pourrait enrayer ce mécanisme ? Sauf récession endogène très improbable, on en voit deux, qui concentrent d’ailleurs l’attention des marchés depuis le début de l’année. Le ralentissement en Chine, incontestable, ne semble pas de nature à inverser le cours des choses aux États-Unis, économie au demeurant assez fermée. Il est tout aussi improbable que les autorités chinoises, juste après l’inclusion du yuan dans le DTS, se livrent à une guerre des changes agressive, qui serait contre-productive. Seul un krach financier massif provoquerait une réaction sensible, même si on ne peut exclure de n’avoir que trois hausses au lieu de quatre. Le pétrole constitue un autre problème : le ralentissement de la Chine contribue à en faire baisser le prix, mais si la production s’ajustait au prix (nombre de forages sont déficitaires si le prix du baril est inférieur à 50 dollars), on verrait le prix se stabiliser. Mais en réalité, certains pays, notamment l’Arabie saoudite, maintiennent leur production à un très haut niveau, sans doute dans un but géopolitique. Si le pétrole moins cher et la désinflation importée ont suscité de nombreux commentaires négatifs, certains observateurs perçoivent désormais que le gain de pouvoir d’achat commence à se traduire par une accélération de l’activité dans les pays consommateurs. Faut-il arrêter les hausses de taux ? Sans doute pas.

 

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