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L’ « exit strategy » de la Réserve fédérale : un débat qui ne fait que commencer…

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°762

L'innovation est un moteur de développement

Fin mai, le discours prononcé devant le Congrès américain par le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a provoqué des remous sur les marchés financiers. La publication, quelques heures plus tard, des minutes du Comité de politique monétaire du 30 avril n’a fait qu’ajouter à la confusion…

L’interrogation des marchés porte sur la politique d’assouplissement quantitatif de la banque centrale et plus précisément sur la date et la vitesse à laquelle elle pourrait commencer à réduire ses achats de titres. À tort ou à raison, les opérateurs semblent avoir compris que cette date était sans doute plus proche qu’ils ne l’avaient escompté ; ils ont aussi compris que les membres du Comité de politique monétaire étaient, sur cette question au moins, largement divisés : si « beaucoup » sont convaincus de la nécessité de poursuivre la politique actuelle pendant encore plusieurs mois, « un certain nombre » préféreraient que la Réserve fédérale réduise rapidement le rythme de ses achats.

Cette « cacophonie »  est, en partie au moins, le résultat de la politique de transparence accrue mise en place par Ben Bernanke : en encourageant tous les membres du Comité à s’exprimer, son président a clairement pris le risque de voir les marchés réagir au moindre signe de dissension interne. Son prédécesseur, Alan Greenspan, avait lui préféré privilégier une décision, en apparence au moins, presque toujours unanime. Question de style diront certains…

La différence est toutefois moins anodine qu’il n’y paraît. Jusqu’à présent, la sortie de crise paraissait si lointaine que les marchés ne tendaient qu’une oreille distraite aux propos qui s’y rapportaient. La résistance de la croissance américaine au resserrement budgétaire du début d’année a brusquement rappelé que l’horizon s’était rapproché.

Un relèvement des taux directeurs est bien sûr loin d’être imminent. Ce n'est ni la fin de la politique accommodante de la Fed, ni même le commencement de la fin. Le débat n’en est pas moins maintenant lancé et les prochains mois diront si la transparence voulue par son président actuel va aider ou au contraire compliquer la recherche et la mise en œuvre d’une stratégie de sortie.

 

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