Épargne collective

En 2013, la gestion collective ne bénéficie pas de la reprise des marchés

L’année 2013 sera un bon cru pour les marchés boursiers. La politique accommodante des banquiers centraux a permis d’apaiser les craintes sur l’avènement de risques extrêmes et ramène la valeur de nombreux facteurs d’évaluation des actions à leur moyenne de long terme.

Les encours et les souscriptions en gestion collective

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°767

Numéro double 767-768 : Rétrospective 2013 - Prospective 2014

Il est logique qu’on enregistre un regain de propension au risque depuis plus d’un an. Cette tendance ne semble pas se tarir, notamment parce que, en raison des taux d’intérêt extrêmement faibles des emprunts d’État, les primes de risque plaident toujours en faveur des actions. C’est donc la pénurie en placements, causée par des taux d’intérêt bas, qui a poussé depuis un an de nombreux investisseurs institutionnels vers le marché des actions.

Alors que les Bourses mondiales affichent des rendements à deux chiffres, il est étonnant de constater le recul des souscriptions en gestion collective. Avec 764 milliards d'euros à fin novembre, l’encours affiche un recul de près de 20 milliards d'euros sur 1 an, en dépit de l’effet mécanique de réévaluation du stock dû à la hausse des marchés. Avec un Eonia en dessous de 0,1 % durant une bonne partie de l’année 2013, le rendement d’une Sicav monétaire ne peut rester positif qu’à la seule condition que le gérant ne facture plus de frais. On peut facilement imaginer les difficultés auxquelles sont confrontées les sociétés de gestion spécialisée depuis plusieurs années. Les entreprises et les investisseurs institutionnels se détournent des fonds monétaires pour des placements plus rémunérateurs proposés par les réseaux bancaires. C’est ainsi que près de 25 % de l’encours des fonds de trésorerie ont disparu depuis 5 ans. L’année 2013 sera l'une des pires qu’auront connues les gérants de produits monétaires, avec une baisse de plus de 45 milliards d'euros des encours.

Si l’on peut comprendre la défection des entreprises sur les monétaires, la baisse des souscriptions sur les produits risqués s’inscrit dans un contexte où, par exemple, le CAC 40 affiche depuis 2 ans des rendements à deux chiffres. Certes, l’encours sur les fonds d’actions repasse au-dessus du seuil de 200 milliards d'euros, mais la variation positive de 28 milliards est la résultante d’une progression de la valorisation de l’encours  de 30 milliards sur un an et d’une décollecte de 2,6 milliards. En dépit de la reprise des marchés, il n’y a pas de souscriptions nouvelles. Le constat est le même sur les fonds diversifiés : avec un encours de 84,5 milliards d'euros, ils sont en progression sur 1 an. Mais nous sommes en situation de rachats nets : là encore, la hausse est simplement l’effet d’une revalorisation de l’encours.

La situation se répète sur les autres catégories, à l’exception des fonds de convertibles qui enregistrent une progression significative sur un encours de quelques milliards.

Si les fonds monétaires, d’obligations et de convertibles sont principalement achetés par les investisseurs professionnels, les fonds diversifiés ou d’actions restent un marché largement dominé par les particuliers qui y accèdent soit en direct, soit (et surtout) à travers l’assurance vie et le PEA. Les premiers n’ont pas d’autres choix que d’être investis en permanence, tandis que les seconds développent probablement une approche moins rationnelle des marchés financiers. Les particuliers ont donc tendance à sortir dès qu’ils annulent les drawdowns de 2011, voire ceux de 2008.

Pour les clients plus fortunés, conseillers par des CIF, si le marché ne recule pas, il ne progresse pas non plus. Il s’agit surtout d’arbitrer sur les fonds et les gérants. Ainsi, la société Carmignac Gestion, qui a bénéficié de ce jeu à somme nulle jusqu’à l’année dernière, tend cette année à rendre une petite partie de ses encours à ses concurrents. Espérons que l’année 2014 permettra de retrouver la confiance des investisseurs dans la gestion collective, et plus généralement dans les marchés financiers.

 

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