Économie

L’économie britannique et le Brexit : modération ou récession ?

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Revue Banque n°800

Crédit immobilier : le modèle français menacé

À la veille du vote sur le Brexit, en dépit des comportements attentistes liés aux incertitudes de la période, l’activité au Royaume-Uni était très solide. Ainsi, la croissance a-t-elle accéléré au 2e trimestre passant de 0,4 à 0,6 %, ce qui a récemment conduit l’OCDE à revoir ses projections de croissance pour 2016 en légère hausse (à 1,7 %). Au lendemain du vote, les indicateurs de confiance se sont repliés, la livre est tombée au plus bas depuis 30 ans, la Bourse a chuté, de même que les taux d’intérêt de marché avec l’anticipation d’un assouplissement monétaire. Très rapidement toutefois, les indices boursiers se sont redressés, d’abord le FT 100 composé d’entreprises qui réalisent 70 % de leurs profits à l’étranger, ensuite le FT 250 qui comprend beaucoup plus d’entreprises exposées au marché domestique. De même pour les enquêtes, les PMI manufacturier et services sont retournés en territoire d’expansion en août. En fait, la Bank of England (BoE) a, comme prévu, entamé un assouplissement de sa politique en abaissant son taux directeur de 0,25 % et en lançant un programme de Quantitative Easing de 60 milliards de livres en Gilts et de 10 milliards en obligations privées, tandis que l’objectif d’un retour du solde budgétaire à l’équilibre à horizon 2020 était abandonné. Pour autant, un net ralentissement est attendu : l’attentisme en matière d’investissement est appelé à perdurer, les indicateurs des prix de l’immobilier (comme celui d’Halifax par exemple) font état d’un tassement – ce qui a pour conséquence un effet de richesse négatif – et les PMI s’inscrivent à des niveaux annonçant une nette contraction de la construction. La dépréciation de la livre stimule certes les commandes à l’exportation, mais entraîne aussi des pressions inflationnistes dont témoigne la hausse des prix des inputs [1] (7,6 % en glissement en août). Peu à peu, cela va se répercuter sur l’inflation, ce qui se conjuguera au ralentissement déjà entamé des hausses de salaires pour freiner la consommation. La BoE deviendra plus accommodante encore et, comme elle l’a indiqué, tolérera un dépassement temporaire de son objectif d’inflation. Au total, la croissance pourrait se limiter à 1 % l’an prochain avant de rebondir selon l’OCDE. Rien de dramatique pour une économie en plein-emploi.

 

[1] Matières premières et biens intermédiaires utilisés par l’industrie, ndlr.

 

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