Europe

La consolidation bancaire paneuropéenne : nécessité et dangers

L'auteur

  • Olivier Klein
    • Directeur général
      Bred
    • Professeur de macroéconomie financière et de politique monétaire
      HEC

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°850

CLIMAT : Les stress-tests sont arrivés

La Banque Centrale Européenne (BCE) appelle de ses vœux des concentrations bancaires en Europe. Il est effectivement souhaitable, pour l’efficacité de la politique monétaire, d’avoir des marchés financiers et un système bancaire plus intégrés en Europe. Cela contribuerait de fait à une meilleure régulation de la zone euro.

Pour engager ce processus, la BCE travaille actuellement à un assouplissement du cadre prudentiel relatif à la consolidation du secteur bancaire. L’institution monétaire a consulté les parties prenantes sur ces nouvelles orientations, en particulier sur les exigences de fonds propres et de liquidités qui n’encouragent pas à l’heure actuelle le secteur à des mouvements transfrontaliers.

Si la Place salue ces avancées, d’autres questions peuvent se poser qui freinent l’apparition d’une vraie dynamique de rapprochement et l’émergence de grandes banques paneuropéennes.

Premièrement, les rapprochements transfrontaliers ne permettent pas toujours de réaliser des économies d’échelle significatives dans la mesure où la réglementation et la fiscalité des produits bancaires et financiers au sein de l’Union européenne restent très différentes. Les économies d’échelle en termes d’infrastructures n’opèrent ainsi quasiment jamais : les systèmes informatiques restent majoritairement domestiques. L’on peut décliner cette problématique dans d’autres domaines.

Deuxièmement, comme on a pu le constater par le passé dans de grands groupes, dans de nombreux secteurs d’activité, les fusions n’aboutissent pas forcément à une efficacité plus grande. Plus d’une fusion sur deux ne crée pas de valeur et en détruit même. La course à la taille n’est donc pas toujours intrinsèquement favorable.

Enfin, et même d’un point de vue de stabilité financière, qu’en est-il du « too big to fail » que les régulateurs mettaient en avant, non sans raison, après la crise de 2008-2009 comme un gage de sécurité ? N’est-il pas contre-intuitif de vouloir créer des groupes bancaires encore plus imposants alors qu’il serait encore plus difficile de ne pas les soutenir en cas de crise bancaire et financière majeure ?

Ces questions méritent d’être bien mises à plat et partagées pour poursuivre de façon appropriée la recherche souhaitable de grands acteurs bancaires européens.

 

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