Gestion d'actifs

L’ « active share » : utile, mais pas miraculeux

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Le concept d’« active share » a été popularisé en 2009 par les travaux de deux universitaires, Antti Petajisto et Martjin Cremers. Cette mesure permet de quantifier les paris actifs d’un gérant en additionnant les différences de pondérations entre les lignes d’un portefeuille et celles de son indice de référence. Plus le score se rapproche de 100%, plus la composition du fonds s’écarte de celle de l’indice. Pour des indices bien diversifiés, un fonds est généralement considéré comme peu actif si son active share est inférieure à 60%. L’essor de la gestion passive a contribué à l’intérêt croissant porté à cet outil. Les sociétés de gestion l’utilisent de plus en plus pour défendre le caractère actif de leurs produits tandis qu’investisseurs et régulateurs le scrutent pour vérifier que les frais élevés de la gestion active sont bien justifiés. De nombreuses études l’ont démontré : choisir un fonds cher qui ressemble à son indice profite rarement à l’investisseur. En revanche, un malentendu persiste sur l’active share. Être très actif n’est pas nécessairement une garantie de surperformance. Le fait qu’un gérant affiche de fortes convictions dans son portefeuille n’implique pas qu’il ait plus de chances d’avoir raison. Une mesure élevée d’active share indique avant tout que la performance du fonds risque de s’écarter significativement de celle de l’indice, dans un sens comme dans l’autre. Cet outil doit donc être utilisé en conjonction avec d’autres éléments, plus qualitatifs, tels que la qualité de l’équipe de gestion ou la cohérence de la stratégie d’investissement.

 

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