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Revue Banque n°785

Union des marchés de capitaux : l’Europe cherche sa voie

C’est le montant des encours sous gestion au niveau mondial dans les ETF (Exchange Traded Funds) à fin avril 2015. Rapportés à l’encours global en fonds de placement que l’IIFA [1] évalue à 31 381 milliards de dollars à fin décembre 2014, les ETF représentent de l’ordre de 10 % des encours gérés. Ils pèsent dans la finance mondiale presque aussi lourd que les hedge funds

Ces fonds indiciels cotés en Bourse qui s’achètent et se vendent comme une action séduisent de plus en plus d’investisseurs. Depuis 2008, les encours sur les ETF progressent de plus de 20 % par an, trois fois plus vite que le reste des fonds de placement.  Beaucoup moins chers que les fonds classiques, avec des frais de gestion parfois inférieurs à 0,15 % par an, ces placements sont investis par les particuliers et les institutionnels. Le marché est plus mature aux États-Unis : les ETF y sont volontiers proposés par les conseillers financiers et les épargnants les souscrivent largement ; en Europe, ce sont surtout les institutionnels qui font le marché. Mais la croissance y est deux fois plus forte qu’outre-Atlantique.

Le QE favorable aux ETF

Les hedge funds continuent de promettre de l'alpha au prix de commissions particulièrement élevées, alors que les ETF gagnent de plus en plus de terrain grâce à leurs caractéristiques propres : coûts limités, liquidité et transparence. Plus généralement, la gestion active peine à justifier des frais de gestion 10 fois plus élevés avec des performances qui ne sont pas toujours au rendez-vous. Ainsi, en 2014, environ 14 % des gérants américains ont surperformé leur indice de référence.

En Europe, les politiques monétaires accommodantes se sont traduites dans les flux de collecte. De moins de 20 milliards d’euros en 2013, la collecte a grimpé à près de 62 milliards en 2014 et l’année 2015 affiche déjà 30,80 milliards sur le premier trimestre. Les investisseurs ont pu ainsi profiter de la baisse de l’euro et de la très forte progression des marchés sur le premier trimestre.

D’après MorningStar, les entrées nettes de flux à destination des ETF investis dans des actions de grande capitalisation en Europe et dans la zone euro ont atteint 12,75 milliards d'euros au premier trimestre. Sur la même période, pour les fonds de droit français, les stratégies passives sur les actions et les obligations ont enregistré un flux net de 5,7 milliards d’euros et les stratégies actives de -2,6 milliards d’euros.

L’allocation d’actifs

Aux États-Unis, la communauté des investisseurs a déjà fait le choix par défaut de l'investissement passif à bas coût. Cette tendance va-t-elle redéfinir la gestion collective en Europe également ? Il est trop tôt pour l’affirmer, mais la pression sur les coûts devrait conduire la gestion active à se repositionner. En France (où les particuliers restent méfiants vis-à-vis de la Bourse après l’explosion des valeurs technologiques en 2001), les réseaux bancaires ne mettent plus en avant les fonds purs nécessitant de diversifier son risque. Seule la gestion diversifiée peut répondre aux attentes des clients en termes de niveau de risque. L’allocation d’actifs revient donc au premier plan. À l’instar de la gestion flexible, qui combine les choix tactiques avec le stock-picking et le market-timing et la stratégie avec le choix des classes d’actifs. Ces produits peuvent être des fonds de fonds bâtis sur des ETF, faisant de ces fonds des purs produits stratégiques.

L’évolution de la gestion passera par le béta, avec des solutions d’investissement orientées par les objectifs des clients (cycle de vie, retraite…) et pas seulement par la performance. À l’encontre de la culture de beaucoup de gérants, cette approche est au cœur des approches algorithmiques portée par les plateformes et les robots conseillers.  L’avenir des ETF s’annonce radieux.

 

 

 



[1] International Investment Funds Association.

 

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