Titrisation européenne : un label pour convaincre le régulateur

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Revue Banque n°750

Les ressources humaines en temps de crise : la grande inconnue

Après deux ans de travail, les acteurs de l’industrie de la titrisation européenne sont parvenus à un accord sur la création d’un label pour les transactions les plus sûres, transparentes et simples, et qui concernera les seules tranches seniors. Un secrétariat, sans but lucratif et composé de professionnels indépendants, désignera ces Prime Collaterised Securities (PCS) suivant une grille de critères dont le détail reste à déterminer. En particulier, la question de l'introduction d'un critère de notation n’a pas été tranchée. Le label ne veut en aucun cas être assimilé à un rating. L’objectif des acteurs est davantage de créer un standard à destination des investisseurs, mais aussi des régulateurs. En effet, l’industrie des Asset Backed Securities (ABS) est très inquiète des réformes en cours, notamment  l'introduction d'un ratio de liquidité pour les banques. Le coussin de liquidité tel que défini par Bâle III accepte les covered bonds, mais pas les ABS, ce qui réduit significativement leur intérêt aux yeux des investisseurs bancaires. La CRD 4 est sur le point d’introduire une ouverture, en demandant à l’Autorité de supervision européenne (EBA) de réfléchir à l’éligibilité des RMBS (titrisation de crédits immobiliers). « Il s’agit de montrer au régulateur que la titrisation européenne porte un risque de crédit réduit –aucune tranche AAA n’a fait défaut pendant la crise– mais plutôt un risque de marché, ce qui est tout à fait compatible avec un buffer de liquidité », indiquait un professionnel lors de la conférence Global ABS qui s’est tenue mi-juin. Présentes à l’événement, la Commission européenne et l’EBA ont assuré leur soutien à l’industrie de la titrisation.

Propos recueillis par S.L.
 

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