Titrisation : CACIB innove pour verdir son bilan

CACIB innove pour verdir son bilan

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Revue Banque n°807

Résolution: sur qui repose l’effort ?

Faire rimer titrisation, optimisation des fonds propres et ISR peut sembler une gageure. C’est pourtant ce qu’a fait Crédit Agricole CIB avec l’émission d’une « Green Capital Note », début mars. Concrètement, cette titrisation est synthétique : l’investisseur partenaire de CACIB, l’asset manager américain Mariner, s’engage à prendre les pertes à hauteur de 5 à 8 % du notionnel d’un portefeuille de prêts structurés de 3 milliards de dollars. Les loans, eux, restent au bilan de la banque. Ce transfert de risque libère des fonds propres réglementaires que CACIB s’engage à réutiliser pour des financements verts. « Cette opération est doublement innovante, souligne Pascale Olivié, responsable Structuration et Recherche au CPM chez CACIB. Elle vise à anticiper un durcissement réglementaire sur la pondération en fonds propres des activités d’asset & project financing, via une opération dite de “Regulatory Capital Transaction”appliquée non pas, comme parfois, à un portefeuille de prêts aux entreprises mais à des financements structurés. C’est également une manière de soutenir les financements verts : cette réallocation du capital libéré par la transaction revient économiquement à lever une ressource rare – le capital – en vue de financements verts, tout comme les greens bonds le font sur le plan de la liquidité. » Les quelque 200 loans sous-jacents sont sélectionnés de sorte à être représentatifs de l’activité de financement structuré de CACIB (énergie, immobilier, infrastructures, transports…), mais ils ne sont pas connus des métiers, pour éviter tout risque d’aléa moral : la banque reste en effet responsable du suivi commercial des créanciers et du recouvrement des prêts. Un montage qui pourrait faire tache d’huile au vu du durcissement prudentiel probable dit « Bâle IV » et de l’appétit des investisseurs pour des placements plus rémunérateurs et plus verts.

 

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