Brexit

Les investisseurs institutionnels s’inquiètent

Revue de l'article

300 à 500 milliards d’euros : selon une estimation de l’AF2i, il s’agit du montant total des actifs gérés depuis Londres pour des Français (des investisseurs institutionnels essentiellement, mais aussi des entreprises ou encore les clients de conseillers en gestion de patrimoine). Ces gérants installés à Londres sont aussi bien britanniques, qu'américains, suisses, japonais ou même français. « Nous ne savons pas aujourd’hui quelles mesures ces sociétés de gestion à Londres vont prendre dans la perspective du Brexit, déplore Jean Eyraud, président d’honneur de l’Af2i. Si elles ne font rien, elles ne pourront plus bénéficier du passeport européen leur permettant de gérer des mandats ou de commercialiser des OPC [1] en Union européenne. Les sociétés de gestion vont donc sans doute prendre des mesures pour continuer, coûte que coûte, à gérer pour le compte d'investisseurs du continent, mais plus le temps passe et plus il devient évident que les décisions seront prises dans la précipitation. Or il faut éviter que les investisseurs continentaux se retirent tous en même temps de ces fonds gérés à Londres ou que des volumes d’actifs très importants soient vendus soit sur une période très resserrée ce qui déstabilisera les marchés, soit lors d’une période peu propice pour les investisseurs en cas de correction ou même de repli significatif. »

 

Enfin, il y aura des frottements fiscaux et comptables que les institutionnels ont pour le moment du mal à appréhender et auxquels ils ne seront donc pas préparés. « Certes, admet Jean Eyraud, il existe des dispositions en cas de fusion-absorption d’un fonds par un autre qui permettent d’éviter ces désagréments mais encore faut-il que les deux véhicules soient identiques ; or la notion de fonds identiques est trop précise pour s'appliquer au cas d'une sortie d'un État de l'Union européenne ! » Voilà pourquoi l’AF2i plaide pour des clauses de grand-père : « Grâce à ces clauses, les futures règles post-Brexit ne s’appliqueraient qu’aux sommes investies après le Brexit ; quant aux sommes investies avant le Brexit, elles continueraient de bénéficier de l’ancien régime. Idem pour les actifs réels ou illiquides comme ceux d'un fonds de capital-investissement. Il faut qu'ils puissent être conservés jusqu'à l'échéance initialement prévue ou négociée. »

 

[1] Organismes de placements collectifs.

 

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