Gestion d’actifs

Les institutionnels incités à déléguer

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Revue Banque n°753

Résolution des crises bancaires : trouver la bonne équation

Les rapprochements entre investisseurs institutionnels sont toujours très tendance. Aussi, à la rentrée 2012, Harmonie Mutuelle est-elle née de la fusion de cinq grandes mutuelles de santé. Mais le phénomène [1], qui a commencé au milieu des années 2000, a évolué.

Les premiers rapprochements donnaient généralement lieu à un renforcement de la gestion en interne des actifs. Aujourd'hui, la plupart des institutionnels préfèrent confier cette tâche à des sociétés de gestion externes, à en croire Jean-François Bay, dirigeant de Morningstar France. Seuls les plus grands investisseurs – dont les encours dépassent la barre des 20 milliards d'euros – ont les moyens de s'équiper des outils et des expertises devenues indispensables à une gestion en interne.

Par exemple, sur les marchés obligataires, les sempiternels emprunts d'États de la zone euro qui constituaient, avec les émissions bancaires, l'essentiel des portefeuilles des investisseurs ont vu leur part baisser, car ces papiers ne rassurent plus vraiment. « Les institutionnels doivent donc se tourner vers des classes d'actifs qui exigent une expertise forte: crédit, inflation, High Yield, dette émergente… » , explique Jean-François Bay. Constituer des équipes en interne sur ces classes d'actifs n'est pas à la portée des institutionnels de taille moyenne, qui se tournent donc vers les gérants pour compte de tiers.

Argument supplémentaire : avec la crise, les sociétés de gestion ont fortement baissé leurs frais de gestion !

S.G.

[1] Mariages de Vauban et Humanis en 2005, Réunica et Bayard en 2006, Malakoff et Médéric en 2008, Apri et Ionis en 2009.

 

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