Finance climat

Les engagements des acteurs financiers devraient progresser au second semestre

Des mobilisations de septembre à la CoP24 de décembre, les acteurs privés ont des occasions de se mobiliser pour évoluer vers une économie bas carbone.

Ours victime du réchauffement climatique

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°824

Non-performing loans : une situation qui s’ameliore

D’ici à la CoP24 qui se tiendra à Katowice en Pologne du 3 au 14 décembre, plusieurs événements sont l’occasion d’annonces nouvelles de la part d’acteurs économiques et financiers notamment en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
La séquence a commencé en septembre, alors que canicules, incendies et ouragans se sont multipliés cet été. Aux États-Unis, le sommet mondial de l’action climatique (GCAS) s’est tenu à San Francisco du 12 au 14 septembre, initialement lancé par le gouverneur de Californie Jerry Brown en réaction au retrait par Donald Trump de son pays de l’accord de Paris en juin 2017. Depuis cette date, les acteurs privés se positionnent en moteurs de ces engagements pour limiter le réchauffement sous les 2 °C aux États-Unis, aux côtés des acteurs publiques locaux.

Ensuite, alors que la Climate Week s’était ouverte à New York le 24 septembre, le One Planet Summit du 26 septembre dans la même ville a été l’occasion pour son initiateur, Emmanuel Macron, de déclarer qu’« il faut rediriger un tiers de la finance mondiale vers le financement du changement climatique et de nouvelles actions climatiques ». Enfin, le Climate Finance Day se tiendra à Paris du 26 au 28 novembre.

Désinvestissement

L’un des enjeux majeurs de l’action en faveur d’une économie bas carbone reste le désinvestissement des actifs les plus émetteurs de CO2. Un nouveau pas a été franchi par les membres de l’initiative mondiale Dinvest/Invest lancée il y a sept ans qui rassemble églises, fondations, fonds de pension et même un pays comme l’Irlande (son fonds souverain va désinvestir entièrement des énergies fossiles). Le 16 septembre, 1 000 investisseurs pesant 6 240 milliards de dollars ont annoncé qu’ils ne financeraient plus d’énergies fossiles. Le mouvement vise désormais 10 000 milliards d’actifs désinvestis d’ici 2020.
En matière de sortie des actifs les plus émetteurs de GES, les ONG militent depuis des années pour inviter les banques à renoncer aux financements des projets jugés les plus nocifs. Les banques françaises ont ainsi peu à peu mis en place des politiques sectorielles, et ont pris des engagements importants de sortie du financement du charbon depuis l’année de la CoP21. Alors qu’aux États-Unis le mandat de Donald Trump est aussi l’occasion de lancer ou relancer des projets de terminaux de gaz de schiste jugés très néfastes pour l’environnement, l’ONG Les Amis de la terre a mené une action le 8 septembre, journée mondiale de la marche pour le climat, de « nettoyage » de plusieurs agences de Société Générale, estimant que la banque soutient des projets de terminaux de gaz liquéfié nocifs sur les côtes américaines. Rendez-vous est pris, si Société Générale ne se retire pas de ces financements, pour une action de même nature dans son agence centrale à Paris le 14 décembre, jour de la clôture de la CoP24 en Pologne.

 

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