Investissement : qui veut de l’intelligence ?

L'auteur

  • Lorenzini
    • Consultant
      MCV
    • Directeur de la recherche
      Morningstar
    • Enseignant
      Université Paris X Nanterre

L’engouement des investisseurs pour les ETF ne se dément pas, et celui des fournisseurs est tout aussi intact. On a ainsi vu récemment un offreur local mettre sur la Place de Paris un nouvel ETF dit « intelligent » qui vise à capter le béta des marchés. Le principe du produit est simple : un portefeuille de 200 lignes composé de titres des grands marchés développés qui apparaissent comme les moins chers selon 5 critères d’évaluation somme toute relativement classiques. Bref, un portefeuille où on trouve plus du Arcelor que du Google…

Pour séduisant que soit le projet, il recèle tout de même quelques difficultés. Il y a d’abord les critiques inhérentes à tout indice nouveau : la valeur d’un indice tient moins aux performances qu’il illustre qu’à son antériorité, le fait qu’il soit, pour ainsi dire, dans le paysage ; moins à sa sophistication qu’au fait qu’il est communément accepté par les opérateurs, le Dow Jones est là pour le rappeler. Surtout, cet indice qui est en service depuis novembre 2013, a fait l’objet d’un back-testing sur une période courant depuis 1994. Et il apparaît qu’il a pris la crise de 2008 de plein fouet : alors que les marchés ont lâché 40 % cette année-là, l’indice a lâché 62 % entre son plus haut « avant crise », en juin 2007, et mars 2009. Dommage, car sur ce cap difficile, beaucoup de gérants value ont fait très sensiblement mieux que ça.

 

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