Bourse

Fraîchement divorcée, Euronext doit écrire son histoire européenne

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°774

Les assureurs à la manœuvre pour financer l'économie

Sept ans après son mariage avec NYSE, Euronext vient de retrouver son indépendance : depuis le 20 juin, la Bourse européenne est de nouveau cotée sur ses propres marchés, cédée par le nouveau propriétaire de NYSE, IntercontinentalExchange (ICE). Valorisée 1,4 milliard d’euros par le marché – quand ICE avait déboursé 8 milliards de dollars (soit quelque 6 milliards d’euros) pour mettre la main sur l’ensemble transatlantique –, la plate-forme Euronext va désormais pouvoir écrire seule son avenir. « Son activité est rentable et elle dispose d’un actionnariat stabilisé grâce à un pacte d’actionnaires, observe Gaspard Bonin, consultant chez Equinox-Cognizant. Elle va pouvoir envisager une stratégie à moyen-long terme. » Une stratégie centrée sur les marchés actions, en particulier les introductions en Bourse qui se multiplient depuis le début d’année : la Bourse européenne en a accueilli 25 sur 6 mois, soit davantage que sur toute l'année 2013. La plate-forme peut aussi compter sur un certain dynamisme du côté de la gestion d’actifs, avec la parution en février dernier d’un décret français permettant la cotation des fonds ouverts négociables sur les marchés réglementés et facilitant les échanges transfrontaliers. Quant au segment de l’obligataire, il doit encore faire ses preuves, la plate-forme Bondmatch, lancée mi-2011, étant encore en phase de construction.

Le point d’interrogation se situe davantage sur la capacité de la Bourse européenne à trouver sa place sur le marché, bien plus rentable, des dérivés. « Euronext part d’assez loin avec face à elle, la concurrence du Liffe, d’Eurex, de TOM ou de Turquoise, fait remarquer Gaspard Bonin. Mais la Place de Paris dispose d’atouts, en particulier sur les contrats agricoles. » L’obligation de passer par une plate-forme électronique organisée pour exécuter des opérations sur dérivés OTC standardisés d’ici 2016 devrait constituer un moteur pour l’activité, à condition de ne pas se laisser distancer par des acteurs américains qui font d’ores et déjà face à ces mêmes exigences réglementaires de leur côté de l’Atlantique.

Un nuage obscurcit enfin l’avenir d’Euronext : celui de la taxe sur les transactions financières. Trois des quatre marchés qui la composent – la France, la Belgique et le Portugal – ont rejoint la procédure de coopération renforcée devant conduire à la mise en place de la taxe, le quatrième pays de la sphère Euronext – les Pays-Bas – y étant également favorable. Le périmètre de la taxe, et en particulier le traitement réservé aux dérivés, devrait peser dans la balance. Le comité Place de Paris 2020, mis en place par Michel Sapin le 16 juin dernier autour de parlementaires, de représentants du monde de l’entreprise et du secteur financier ainsi que d'experts, devrait constituer un cercle de choix pour discuter la question.

 

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