Le dilemne du Brexit

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Revue Banque n°797

Désintermédiation : qui veut prendre la place des banques ?

La position des banquiers français face à la prochaine échéance du Brexit est claire : ils « votent » pour le maintien de la Grande Bretagne au sein de l’Union européenne. D’abord, comme le souligne une analyse des études économiques du groupe Crédit Agricole SA [1], parce que « un Brexit marquerait […] le début d’une longue période d’incertitude concernant les relations à long terme entre l’EU et le Royaume-Uni, ce qui induirait une détérioration du climat des affaires et de la confiance des consommateurs, freinerait les projets d’investissement et ralentirait fortement la croissance. De plus, cette période d’incertitude risquerait de durer longtemps, car la conclusion d’un accord de retrait complet prendrait probablement plus de deux ans. » Ensuite, parce que si certains acteurs financiers envisagent en cas de Brexit de se relocaliser en Europe continentale, Paris n’est pas sûre de bénéficier au mieux du mouvement, face à la concurrence, en termes d’attractivité, d’autres places comme celle de Dublin, qui bénéficie, entre autres, d’un avantage linguistique, ou encore de Luxembourg pour la gestion d’actifs.

Reste que le « non Brexit » n’est pas non plus sans conséquences : il faudra alors appliquer l’accord auquel sont laborieusement parvenus les 28 chefs d’État et de gouvernement de l’UE le 19 février dernier. Or celui-ci est, selon les mots d’un régulateur européen, un « ovni juridique » : comment pourra-t-il être mis en place, sachant qu’il est d’application immédiate, mais ne serait intégré dans les Traités européens qu’à l’occasion d’une prochaine révision ? N’est-ce pas aussi créer un précédent qui pourrait tenter d’autres États membres ?

Le référendum britannique ne conduit à aucune solution simple…

 

[1] « Royaume-Uni – l’accord avec l’UE et scénarios de Brexit », Perspectives n° 16-065, 11 mars 2016.

 

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