Banques françaises

Des résultats marqués par les effets de la crise de la Covid-19

Au second trimestre, les résultats des banques françaises restent marqués par la crise sanitaire et économique et par le confinement mais présentent des évolutions contrastées d’une activité et d’une banqueà l’autre.

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Revue de l'article

Revenus des activités

Le Produit net bancaire (PNB) agrégé des quatre principaux groupes bancaires français [1] a diminué de 5,3 % sur un an au second trimestre, après avoir baissé de 4,6 % au premier. Leur résultat brut d’exploitation a baissé de 7,3 %. « La diversification des modèles d’activités est vertueuse, car elle permet de compenser les baisses de revenus dans certaines activités par des progressions dans d’autres. Chaque groupe bancaire français est diversifié, mais au second trimestre, les évolutions de résultats ont été très différentes d’une banque à l’autre. Trois groupes bancaires sur quatre sont demeurés bénéficiaires et deux d’entre eux ont augmenté leurs bénéfices entre le premier et le deuxième trimestre », détaille Laurent Quignon, responsable économie bancaire chez BNP Paribas.

« Il y a un fort contraste entre les résultats des banques, notamment selon le portefeuille d'activités dans la BFI », précise-t-il. Si Crédit Agricole et BNP Paribas et ont bien performé en BFI, Société Générale a continué à subir les conséquences de son exposition aux produits structurés, dont elle a indiqué finaliser la revue stratégique.

En banque de détail, les résultats sont plus homogènes d’une banque à l’autre. « Ils portent la marque du confinement, mais qui est nuancée par les commentaires des banques selon lesquels l’activité a redémarré en juin, ce qui n’est pas encore perceptible dans les chiffres du second trimestre », note Laurent Quignon.

Coût du risque

L’augmentation du coût du risque (4,9 milliards) reste très importante au second trimestre. « Il est multiplié par deux chez Crédit Agricole et BNP Paribas, par trois chez BPCE et par quatre chez Société Générale. Ce sont des évolutions très significatives, à relier à la contraction du PIB de 12,1 % dans la zone euro et de 13,8 % en France par rapport au trimestre précédent, constate Laurent Quignon. La part des “provisions anticipées” (de “stage 2”) effectuées dans le cadre d’IFRS 9 a pu représenter une part importante des montants provisionnés. La nouvelle norme tend à avancer l’effort de provisionnement dans le temps et à accroître, au moins dans un premier temps, la volatilité du coût du risque. Traditionnellement, les évolutions du PIB constituent la principale variable explicative de celles du coût du risque mais la relation est modifiée par l’application d’IFRS 9 depuis 2018. »

Prêts garantis par l’État (PGE)

Fin juin, 525 329 PGE avaient été distribués pour 105,8 milliards d’euros (ils étaient 566 699 mi-août pour 117,4 milliards d’euros). « Les PGE ont démarré très fort, mais la production hebdomadaire diminue de semaine en semaine, ce qui était attendu. Les entreprises expriment moins de besoins qu’au moment du confinement et beaucoup d’entre elles ont demandé un prêt en anticipant leurs besoins futurs, comme en atteste la progression très vigoureuse des dépôts à vue des sociétés non financières. Au demeurant, la situation demeure très contrastée d’un secteur d’activité et d’une entreprise à l’autre », analyse Laurent Quignon.

Solvabilité

« Les banques françaises sont très solvables aujourd’hui et ont des marges de sécurité assez grandes, avec les différents buffers et les assouplissements réglementaires introduits par la BCE. Leurs ratios CET1 sont très au-dessus des ratios réglementaires et il est très peu probable à ce stade qu’elles aient recours à la faculté autorisée par la BCE de fonctionner avec des ratios inférieurs aux exigences de pilier 2 », estime-t-il.

Les banques sont parées pour affronter cette crise : « Pour l’heure, si l’évolution sanitaire est encore très largement incertaine, l’évaluation des pertes de crédit futures (coût du risque) associées à un scénario économique donné est toutefois plus robuste que celle des pertes inhérentes aux produits titrisés complexes de 2008. »

 

 

[1] Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale et BPCE.

 

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