Politique monétaire

La BCE va-t-elle acheter des obligations souveraines ?

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Revue Banque n°776

Sharing economy : un nouveau business tisse sa toile

Selon Vítor Constâncio, son vice-président, la BCE pourrait procéder prochainement à des achats d'obligations souveraines (voir son interview). Cette hypothèse correspond au pronostic de nombreux observateurs : selon eux, la BCE va bel et bien se lancer dans un programme d'acquisition de titres d'État. Les initiatives [1] présentées par Mario Draghi le 4 septembre dernier sont certes consistantes, mais, selon Bastien Drut, stratégiste chez Amundi, la Banque Centrale ne s'arrêtera pas là : « Après les résultats du comprehensive assessment [2], elle va annoncer qu'elle achète des obligations souveraines. » Cela serait pour le moins osé après que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a stigmatisé les OMT. Au-delà de ce tribunal allemand, de nombreuses autres voix risquent de s'élever Outre-Rhin contre une politique monétaire aussi accommodante. « Certes, des instances et des personnalités allemandes vont protester. Mais étant donné le contexte déflationniste, cette politique est la seule possible, d'ailleurs la Bundesbank a changé de discours et s'est rapprochée des vues de la BCE », poursuit Bastien Drut.

L'analyse est sensiblement différente chez Natixis où Jean-François Robin, responsable de la stratégie de la recherche économique, estime que « ce qui a été annoncé le 4 septembre, c'est la façon dont la BCE va pratiquer le quantitative easing. 1 000 milliards d'euros vont être injectés sur les marchés ; cela semble suffisant si la BCE parvient effectivement à ce montant. Pour que la BCE en arrive à utiliser l'arme des achats de titres souverains, il faudrait vraiment que l'économie se détériore et que l'euro monte fortement, ce qui n'est ni le scénario de la BCE ni le nôtre. »

Les paris vont bon train sur l'envergure que prendra le quantitative easing européen, qui intervient au moment où la Fed abandonne progressivement sa politique expansionniste. S. G.

[1] Baisse de 10 points de base du taux de refi qui passe à 0,05% , recul de 10 points de base du taux d’intérêt de la facilité de dépôts à la banque centrale, qui s’établit à -0,20 et achats de créances bancaires titrisées (asset-backed securities) et d’obligations sécurisées émises par les banques (covered bonds).

[2] Évaluation complète des banques.

 

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