Finance verte

L’assurance progresse dans sa prise en compte du climat

finance verte

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°821

Gafa & Banques : concurrents ou partenaires

Alors qu’Axa a été un des acteurs financiers mondiaux les plus en pointe dans ses engagements en faveur du climat depuis mai 2015, plusieurs annonces récentes d’acteurs de l’assurance montrent que ce secteur progresse dans sa prise en compte de la nécessité pour la finance de se conformer à une limitation du réchauffement sous les 2 °C, conformément à l’Accord de Paris signé fin 2015 [1]. Allianz a ainsi annoncé le 6 mai un programme de renforcement de sa stratégie climat. Cet assureur va cesser immédiatement d’assurer les centrales thermiques au charbon et les mines de charbon en activité ou en projet. Et le groupe entend éliminer progressivement d’ici 2040 tout investissement pour compte propre dans des entreprises du secteur du charbon, ainsi que toutes ses polices d’assurance couvrant les risques associés au charbon. Au Japon, Dai-ichi Life Insurance est le premier l’assureur du pays à avoir annoncé, le 8 mai, qu’il ne financerait plus de nouveaux projets de centrales à charbon à l’étranger. Un ensemble d’ONG a réagi en se félicitant de ce premier pas d’un acteur japonais et demande à l’assureur de cesser de financer également les projets domestiques, arguant que la conformité avec un scénario 2 °C nécessite de ne plus construire aucune nouvelle centrale à charbon dans le monde.

Par ailleurs, aux États-Unis, en mai, le commissaire à l’assurance de Californie, Dave Jones, a annoncé avoir soumis les plus gros assureurs de son État à un stress-test climat (et à une analyse de leurs investissements dans les énergies fossiles) qui est le premier d’envergure réalisé sur des acteurs du secteur de l’assurance.

Enfin, fin mai, un classement mondial des assureurs a été publié par Asset Owners Disclosure Project (AODP), qui note les informations délivrées par ces investisseurs sur leur prise en compte des objectifs de l’Accord de Paris selon les critères des recommandations du rapport final de la Task force sur le climat du G20 (TCFD). Axa se place en tête du classement et deux autres français, BNP Assurances et Crédit Agricole Assurances, se situent dans le top 10 mondial, dominé par les Européens. Aviva occupe la seconde place, Allianz la troisième. À noter que les japonais, parmi lesquels Dai-ichi Life, ont beaucoup progressé dans ce classement annuel.

 

[1] En France, depuis 2015, les grandes banques se sont également illustrées par des annonces ambitieuses concernant la réduction de leurs soutiens au charbon, dans le contexte de l’Accord de Paris en 2015 puis en marge des sommets climat fin 2017. Des ONG comme les Amis de la Terre continuent à les pousser à des désengagements plus ambitieux, comme à l’occasion des assemblées générales qui ont eu lieu en mai.

 

Sur le même sujet