L’appel de l'AMAFI aux candidats à l’élection présidentielle

16 mesures pour la Place financière parisienne

Pour en savoir plus

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°802

Ressources humaines : l'impact du digital

Le constat fait par Stéphane Giordano, président de l’AMAFI, est amer mais réaliste : « nous avons glissé vers une situation où Londres s’est affirmé comme marché de référence en Europe, alors que la Place de Paris s’est marginalisée ». Toutefois, le Brexit ouvre une opportunité de renverser la tendance, estime l’association, d’autant que « la France reste un des 27 pays européens dont l’industrie financière est la plus développée » précise Pierre de Lauzun, délégué général, notamment face à la Place allemande, qui bénéficie de la dynamique économique du pays et de la présence de la BCE à Francfort, mais dont « le droit du travail allemand peut être au moins aussi rigide que celui en vigueur en France ». D’autres places financières européennes comme l’Irlande ou le Luxembourg sont, quant à elles, plus spécialisées sur des activités spécifiques. La France a donc un rôle de premier plan à jouer dans la réinstallation de la finance sur le continent européen. L’AMAFI compte sensibiliser les candidats à l’élection présidentielle sur ce point au travers de 16 propositions.

Celles-ci visent à modifier la fiscalité de l’épargne pour orienter clairement cette dernière vers le financement des entreprises, en particulier sous forme de fonds propres. Elles ont également pour but de favoriser l’investissement à long terme. Il s’agit en outre de créer des conditions propices au rapatriement des activités financières en France : par exemple, fluidifier le marché de l’emploi en créant un régime particulier pour les salariés percevant une rémunération dépassant un certain plafond. Cette mesure concernerait tous les secteurs d’activité et non uniquement la finance. Le constat sous-jacent est que le statut conféré par le droit du travail français, très protecteur pour le salarié, ne correspond pas à la situation de ces collaborateurs qui, dans leur relation avec leur employeur, ont un statut plus proche de celui d’une profession libérale. Ils relèveraient donc non plus du droit du travail, mais du Code civil.

L’AMAFI souhaite par ailleurs le désengagement de la TTFE et la suppression de la taxe sur les salaires, une hypothèse peu probable compte tenu des montants en jeu (2 milliards d’euros collectés auprès du seul secteur financier en 2014).

Enfin, l’AMAFI attire également l’attention sur le statut qui sera consenti à la Grande Bretagne, notamment si l’option d’un régime d’équivalence était choisie pour préserver les relations d’affaires. « L’équivalence doit porter non seulement sur les règles, mais aussi sur la pratique de supervision » a souligné Pierre de Lauzun, avant d’ajouter : « le régime d’équivalence doit être un régime de précarité qui suppose une vérification régulière », pour s’assurer dans la durée du bon équilibre des relations.

L’AMAFI espère que les candidats de tous les bords se rejoindront dans cette volonté de défendre la Place financière parisienne. Certes, le soutien exprimé par Manuel Valls lors des rencontres de Paris Europlace en juillet dernier a été bien perçu, mais « nous ne pourrons pas renverser 30 ans de prédominance [de la Place de Londres, ndlr] avec des mesures marginales » prévient Pierre de Lauzun.

 

Sur le même sujet