Banques de financement et d’investissement

Un ancrage européen, mais une présence forte en Asie et aux États-Unis

Créé le

10.01.2014

-

Mis à jour le

08.08.2014

La banque de financement et d’investissement du groupe Société Générale se déploie principalement en Europe, mais également en Asie et aux États-Unis sur des activités dans lesquelles Société Générale détient des leaderships mondiaux. La stratégie mondiale a dû, comme dans les métiers de banque de détail ou de financements spécialisés, tenir compte d’une contrainte réglementaire accrue.

Comment votre activité de BFI se déploie-t-elle à l’international ?

Société Générale Corporate Investement Banking (SG CIB) a un fort ancrage en Europe : la plupart de nos clients y sont localisés ​et plus de la moitié de nos revenus en est issue. Pour autant, dans le cadre des activités dans lesquelles nous avons des leaderships mondiaux, nous devons avoir une capacité d’action internationale qui nécessite d’être présent dans les centres financiers majeurs, aux Amériques et en Asie. Ces franchises internationales concernent les dérivés actions, les solutions structurées Cross Asset, le Fixed Income Euro et les financements structurés avec un focus plus particulier sur les ressources naturelles. Nous travaillons donc dans le cadre de ces franchises à la fois pour le compte de la clientèle européenne, mais aussi d’une clientèle asiatique ou américaine à laquelle nous donnons par ailleurs accès aux marchés européens.

Nous souhaitons avoir en BFI un équilibre de revenus provenant à 60 % de l’activité en Europe, et environ 20 % à la fois pour les Amériques et l’Asie. Face à notre ancrage européen, nous voulons en effet maintenir une présence forte sur la zone Asie, pour capter une croissance qui restera à court et moyen terme très dynamique, et aux États-Unis, premier centre financier mondial en termes de devises et de sophistication des produits.

Comment s’organise votre présence localement ?

Notre présence s’appuie à la fois  sur nos hubs régionaux, dans lesquels nous avons une capacité de booking, des experts métiers et toutes les autorisations nécessaires, et sur nos bureaux de représentations, qui sont des structures plus légères. Nous avons ainsi des bureaux de représentation, par exemple en Malaisie ou au Mexique, et nous en avons ouvert un en 2013 en Indonésie. Cela nous permet de combiner un maillage territorial important avec des structures de coûts efficaces.

Quelle est votre présence en Chine ?

Nous sommes présents en Chine depuis le début des années 1980 et disposons d’une filiale de plein exercice. Le groupe Société Générale y offre trois catégories de services : banque commerciale et de détail, banque privée, ainsi que des services de banques de financement et d’investissement. Notre stratégie, en ce qui concerne la BFI, consiste en partant d’une présence historique offshore à Hong Kong, à nous développer onshore à Pékin et Shanghai. Nous avons revisité notre organisation pour renforcer la couverture de nos grands clients chinois, en accentuant les synergies avec nos lignes métiers, notamment les activités sur matières premières, ainsi que les solutions de couverture de change et de taux. Le potentiel des marchés financiers chinois est important, mais il dépendra largement de la vitesse à laquelle les autorités chinoises vont gérer leur libéralisation, en permettant au remimbi de devenir une devise avec une importance croissante dans le commerce international.

La donne est-elle identique pour l’Inde ?

De nombreuses banques ont pu penser que le marché financier indien s’ouvrirait plus vite que le marché chinois, parce que le pays conserve une tradition britannique de droit anglais et que de grands acteurs privés sont déjà actifs dans le domaine financier.

Pour l’heure, le ralentissement économique constaté en Inde depuis 18 mois rend les Européens plus circonspects, mais un certain nombre de décisions récentes vont dans le bon sens : notamment le gouvernement central fédéral a pris des mesures de réforme efficaces au sein du secteur financier. Enfin, l’Inde est une zone de développement pour des entreprises européennes et notamment françaises. Le pays peut donc être un axe de croissance. Dans cette perspective, nous avons nommé un nouveau responsable, renforcé les fonds propres de notre filiale indienne et effectué des investissements informatiques.

Qu’en est-il de l’Amérique latine ?

Nous traitons l’Amérique latine à partir de notre hub régional de New York où se situent nos experts en matière d’activités de marché ou de financements structurés. Pour autant, nous avons une filiale de plein exercice au Brésil, présente à la fois dans la BFI, ainsi que sur les financements spécialisés, dans le crédit à la consommation et la location de flottes de véhicule. Les activités de finance de marché ou de financements structurés de cette filiale sont ainsi copilotées entre São Paulo et New York. Ailleurs sur ce continent, nous sommes présents grâce à des bureaux de représentation.

Enfin, quelle est votre présence en BFI dans les autres parties du monde, en Afrique notamment ?

Nous travaillons en coopération avec le pôle de Banque et Services financiers internationaux. Nous venons ainsi de lancer conjointement avec Société Générale Maroc le développement de certaines activités de marché, permettant principalement d’offrir aux clients locaux des solutions de couverture de risque (changes, taux, etc). Nous participons par ailleurs à des initiatives de financement innovant : nous avons par exemple mis en place un financement pour la Société ivoirienne de raffinage qui traite la totalité du pétrole qui entre en Côte d’Ivoire, aux côtés de l’ IFC [1] qui est une émanation de la Banque Mondiale, et de notre filiale de banque de détail en Côte d’Ivoire, la Société Générale de Banques en Côte d’Ivoire. De même, en Europe centrale et orientale, nous développons, conjointement avec le réseau de banque de détail à l’international, des activités de banque de financement et d’investissement notamment en Russie avec Rosbank, en Roumanie avec la BRD, et en République tchèque avec Komercni Banka où nous développons tout particulièrement les financements structurés.

Comment la réglementation influence-t-elle votre développement international ?

Dans ce nouveau monde financier, les obligations réglementaires sont devenues localement plus contraignantes, surtout quand vous envisagez d’installer une filiale, car le régulateur national a durci ses exigences locales en terme de ratios en capital et en liquidité. Au-delà de ces aspects, il existe aussi un coût opérationnel pour créer une filiale, relatif notamment au développement d’un SI local, des fonctions compliance, etc. Nous n’excluons donc pas ce type d’implantation, mais il faut vraiment que nous soyons convaincus du potentiel commercial et de la rentabilité que nous serions capables de générer. C’est en cela que le développement international doit demeurer très maîtrisé.

Est-ce que cette situation ne contribue pas à se focaliser sur l’Europe, où la contrainte réglementaire est plus homogène ?

Il ne faut pas avoir une vision malthusienne des choses. Nos expertises en termes de lignes métiers se nourrissent aussi des innovations financières rencontrées dans d’autres places. Par exemple, le fait que le marché nord-américain soit en avance dans le dispositif de gestion des dérivés et que le Dodd Frank Act et la règle Volcker poussent vers le clearing, cela nous incite à effectuer des adaptations en termes de compliance ou de système d’information qui nous préparent aussi pour EMIR, la version européenne de cette réglementation.

 

1 L'International Finance Corporation est une institution mondiale d’aide au développement dont les activités concernent exclusivement le secteur privé.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº321
Notes :
1 L'International Finance Corporation est une institution mondiale d’aide au développement dont les activités concernent exclusivement le secteur privé.