Investir au Maghreb : « L’urgence » et la « pertinence » au cœur des projets de réforme

Premier investisseur financier en Méditerranée, la FEMIP souhaite apporter son concours au printemps arabe, en mettant son expertise au service des régimes désireux de s’inscrire dans une démarche d’ouverture et de transparence vis-à-vis des investisseurs privés.

Poussées par les mouvements populaires du Printemps arabe, les autorités marocaines veulent changer, et surtout, elles souhaitent le faire savoir. Tous les intervenants réunis le 30 mai dernier à l'occasion de la 9e conférence de la FEMIP [1], à Casablanca, avaient ces deux mots à la bouche : « urgence », et « pertinence ».

Urgence, car même au Maroc, les mouvements populaires n’ont pas cessé, pour réclamer toujours plus de réformes. Les besoins en infrastructures sont colossaux : plus de 300 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires d’ici 2030 pour moderniser les infrastructures et les services publics dans le pourtour méditerranéen. Transports, énergie, éducation, santé, tous les secteurs sont concernés.

Bien plus que les gouvernements ne peuvent assumer. « Il faut sortir des schémas classiques de financement pour accélérer le développement, et créer des expertises », a expliqué Salaheddine Mezouar, ministre des Finances du Maroc. « Nous n’avons pas d’autre alternative que d’aller vers les partenariats public-privé. »

L’expertise de la BEI au service des pays du printemps arabe

Philippe de Fontaine Vive, directeur général de la BEI, a présenté à l’occasion de la conférence une étude détaillée de l’état de l’art en matière de partenariats public-privé, pays par pays, ainsi qu’une liste de recommandations, destinées à atteindre le second objectif, celui de pertinence.

« Nous ne prétendons pas que le partenariat public-privé est un modèle universel en matière de financement d’infrastructures. C’est une technique de financement innovante qui peut permettre de mieux répartir les responsabilités », a-t-il déclaré.

Forte de son expérience dans ce domaine, la BEI a proposé aux pays du Sud de la Méditerranée son expertise technique pour la période 2011-2013. Ce projet sera soumis à l’accord des ministres des finances des pays méditerranéens qui se réuniront le 12 juillet prochain à Bruxelles, dans le cadre de la ministérielle FEMIP [2].

Cette offre a une contrepartie, et Philippe de Fontaine Vive le dit très clairement : il n’est plus question d’essayer d’avancer groupés avec des pays réfractaires aux réformes. Les investisseurs privés désirent développer des partenariats public-privé équilibrés. Désormais, les investissements de la BEI se concentreront donc sur les pays déterminés à assainir le climat des affaires.

[1] FEMIP : Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat, regroupant les activités de la Banque européenne d’investissement dans les pays méditerranéens

[2] Réunion annuelle à l’occasion de laquelle le rapport annuel de la FEMIP est approuvé.

 

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