Cet article appartient au dossier : L'Asie, nouveau centre de la finance mondiale ?.

L’Asie, nouveau centre de la finance mondiale ?

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Revue Banque n°773bis

Asie : nouveau centre de la finance mondiale ?

L’Asie est aujourd’hui le principal moteur de la croissance mondiale. Parallèlement, les réserves de change des pays émergents, dont les économies d’Asie émergentes, principalement la Chine, détiennent la majeure partie, représentent aujourd'hui deux tiers des réserves mondiales. Enfin, les fonds souverains asiatiques ont une force de frappe de plus en plus déterminante : faut-il rappeler les investissements massifs réalisés entre 2007 et 2009 dans des banques américaines et européennes ?

Le centre de la finance mondiale est-il ainsi en train de basculer vers le continent asiatique ? Tel est le sujet de réflexion de ce nouveau numéro consacré par Revue Banque, en partenariat avec l’AMAFI, aux évolutions des marchés financiers, auquel ont participé des professionnels, des universitaires et des think tanks de différents horizons.

 

Ce dossier s’interroge en premier lieu sur deux éléments déterminants de la puissance financière asiatique :

  • la pérennité de son taux de croissance ;
  • le maintien de la présence des investisseurs étrangers.

Le ralentissement de la croissance dans la zone constatée depuis 2010 et le reflux des capitaux internationaux provoquée en 2013 par l’intention annoncée de la Fed d’infléchir sa politique monétaire montrent que la situation dans ces économies émergentes est loin d’être stabilisée.

 

L’émergence de places financières locales est un autre sujet d’analyse : Hong Kong et Singapour s’affirment d’ores et déjà avec une dimension internationale marquée, Shanghai émerge. Mais présentent-elles toutes les garanties nécessaires pour fidéliser les investisseurs, par exemple un cadre juridique sécurisant ?

 

Les fonds souverains asiatiques qui comptent parmi les plus puissants au monde, suscitent également des interrogations : quelle position doivent adopter les pays occidentaux, qui ne veulent pas fermer la porte à cette manne pour financer leurs entreprises ? Quelles sont les stratégies de ces investisseurs : aujourd’hui minoritaires et de long terme, ne peuvent-ils évoluer vers des ambitions industrielles plus affirmées dans des économies affaiblies par la crise ? Enfin, comment prendre en compte les équilibres géopolitiques dont l’exemple ukrainien montre l’instabilité ?

 

Reste le cas chinois : l’empire du Milieu est incontestablement la locomotive du continent asiatique. Les étapes franchies au cours des dernières années par le gouvernement chinois pour libéraliser son économie et internationaliser sa monnaie suscitent également de nombreux commentaires :

  • en 2013, le yuan est devenu la 2e devise dans les échanges mondiaux, surpassant l’euro. Peut-il, s‘il passe l’épreuve de la convertibilité, devenir une alternative au dollar dans l’économie mondiale ?
  • quelles sont les intentions de la Chine en multipliant les accords pour s’arrimer dans différentes localisations européennes, à Londres, Paris ou Francfort ? Manifestement, la Chine recherche l’expertise financière de ces places, et ces dernières veulent, de leur côté, avoir leur part du gâteau chinois. Reste à négocier le bon équilibre pour que chaque partenaire s’y retrouve...
  • autre volet de l’internationalisation chinoise, quelles sont les ambitions des banques chinoises en Afrique ?

 

Difficile aujourd’hui de savoir jusqu’où la finance et les marchés asiatiques en général, et chinois en particulier, vont s’imposer. Mais il est déjà certain que ceux-ci sont devenus en quelques années des acteurs incontournables sur l’échiquier de la finance mondiale.

 

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