Révolution digitale: menace ou opportunité pour les banques ?

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

Révolution digitale: menace ou opportunité pour les banques ?

Attaqués par les FinTech (jeunes entreprises innovantes dans le domaine financier) et par les GAAFA (Google, Alibaba, Amazon, Facebook, Apple) sur nombre de leurs métiers (crédit, paiement…), les établissements bancaires traditionnels déploient différentes stratégies : développements d’offres innovantes en interne, partenariats avec de nouveaux entrants, acquisition de certaines start-up… La banque classique est-elle capable de se réinventer ou entame-t-elle une longue agonie ?

Révolution digitale

Choc des cultures : d'un côté se trouvent les établissements bancaires traditionnels dotés d'énormes infrastructures informatiques constituées au fil des décennies ressemblant à un pesant legacy (héritage du passé) ; de l'autre, de jeunes entreprises imprégnées des derniers développements de la culture digitale, souples, réactives et très innovantes, capables de concevoir de nouveaux services et/ou de nouveaux modes relationnels entre les individus et leurs prestataires de services et même entre les individus eux-mêmes. Par exemple, les plates-formes de financement participatif (crowdfunding, crowdlending, equitycrowdfunding…), mettent en relation des particuliers et des porteurs de projets pour que les uns octroient des financements aux autres.

Autre choc : celui des réglementations. Tandis que les établissements traditionnels se voient infliger des régulations de plus en plus contraignantes, les nouveaux entrants peuvent adopter des statuts plus souples. Dans son article, l’avocat Hubert de Vauplane signale qu’« il existe de plus en plus de statuts “au rabais” ou, pour être positif, peu contraignants. C’est le cas du statut de CIF (conseiller en investissement financier), de celui d’IOBSP (intermédiaire en opération de banque et service de paiement) ou encore de celui, plus récent, de CIP (conseiller en investissement participatif) et IFP (intermédiaire en financement participatif) en matière de crowdfunding, sans oublier toute la gamme des courtiers et mandataires en matière d’assurance. »

Comment les banques peuvent-elles répondre à ces assauts ? Dans son interview, Ronan Le Moal explique que la banque qu’il dirige, le Crédit Mutuel Arkéa, « est devenu un partenaire de premier choix pour bon nombre d’acteurs de l’écosystème numérique. À titre d’illustration, nous sommes actionnaires de Prêt d’Union  […]. Nos investissements dans les start-up de la finance s’inscrivent dans une démarche de co-construction et nous permettent de rester au fait des nouveaux usages de consommation et des technologies d’avenir. » Crédit Mutuel Arkéa, tout comme les autres banques, multiplient les initiatives pour capter l’énergie des Fintech : acquisition, partenariats, incubation… Et les banques n’oublient pas de s'efforcer à innover également elles-mêmes en interne. Mais selon l'économiste Philippe Herlin, les efforts des banques sont très insuffisants, voire contre-productifs. Ainsi, les partenariats noués dans le domaine des paiements avec de nouveaux entrants pourraient se retourner contre les acteurs traditionnels. Les banques vont-elles surfer sur la vague digitale ou se faire submerger ? Les avis demeurent très partagés. Seule certitude : le paysage bancaire vit une révolution.

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

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Banque & Stratégie