Présidentielle 2012 : les programmes des candidats

Introduction

Pendant les périodes de campagne présidentielle, les banques et la finance sont régulièrement interpellées sur des problématiques de crédit à la consommation, de tarifs bancaires et de financement des PME.

En 2012, les promesses électorales traditionnelles ont subi une inflation à la hauteur de la crise économique. Si certaines critiques ne sont pas infondées, la surenchère dans les propositions visant les banques, ignorant parfois l’existence de travaux réglementaires, aussi bien au niveau européen que national, nuit à la crédibilité des programmes.

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Revue de l'article

Accusées de ne pas financer suffisamment l’économie, de mettre en danger l’épargne des Français en spéculant sur les marchés, d’empocher des bonus indécents, rien, décidément, dans l’action des banques ne trouve grâce aux yeux des candidats à l’élection présidentielle.

Cet état de fait est paradoxal : depuis 2008 comme jamais auparavant, les membres du G20 et l’Union européenne ont entamé un impressionnant travail réglementaire, visant à assainir la finance.

C’est un étrange ballet que celui qui voit s’affronter banquiers et politiques. Aux coups de boutoirs des candidats, les banquiers ont commencé par opposer un silence poli. Peut-être avec un brin de suffisance, ils savent trop bien qu’en dépit des effets de manche, leur activité reste essentielle à l’activité économique, et qu’à ce titre, elle perdurera.

Depuis des temps immémoriaux, les hommes politiques et leurs banquiers entretiennent en effet des relations teintées de mépris et d’intérêt, que Maurice Druon résumait ainsi dans les Rois maudits : « Chaque règne, en ses moments difficiles, brandissait la même menace et raflait aux Lombards une part de leur fortune en les obligeant à racheter leur droit de séjour. Pour compenser la perte, les banquiers augmentaient pendant un an le taux d'usure. »

Pourtant, à force de contre-vérités et d’attaques, les banquiers se sont départis de leur légendaire réserve. « Je commence vraiment à être fatigué d'entendre les gens dire que l'industrie bancaire ne change pas », a tempêté Baudoin Prot, lors d'une conférence organisée par l'hebdomadaire The Economist. Quelques jours après, Frédéric Oudéa, interrogé par Jean-Michel Aphatie, dénonçait des propos « excessifs, caricaturaux », tenus uniquement pour les besoins de la campagne électorale.

Le discours que François Hollande a prononcé à Rouen, le 16 février, a marqué une étape supplémentaire dans la mise à l’index de la finance, qualifiée d'« ennemi sans visage » : « Le redressement ne sera possible que si la finance est dominée. J'ai dit que la finance n'avait pas besoin de déposer sa candidature. Elle ne sera pas invitée au journal de TF1 ce soir. Elle n'a pas besoin de poser sa candidature, parce que, hélas! elle domine sur le plan politique ».

Le reste de l’Europe contemple, amusée, le spectacle de lancers de banderilles en direction de l’industrie financière. Le projet de taxe sur les transactions financières, en cours d’adoption en France à l’initiative de Nicolas Sarkozy, a été salué par David Cameron, le Premier ministre britannique : « Dans un sain esprit de compétition avec la France, si la France instaure une taxe sur les transactions financières, notre porte sera ouverte et nous pourrons accueillir au Royaume-Uni beaucoup plus de banques et d’entreprises françaises, et notre économie se développera », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Au vu des perspectives économiques pour 2012 et de l’enlisement de la crise de la zone euro, les hommes politiques n’ont pas fini de hurler, et les banquiers, de pleurer.

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