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Bilan 2010 : une reprise durable ?

Malgré le redémarrage des fusions et acquisitions au niveau mondial, nous sommes encore loin des niveaux d’avant la crise. Mais tous les espoirs sont permis pour 2011.

Principales opérations de M&A dans le secteur bancaire mondiale (en décembre)

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Economiste
      OFCE et CEPN

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°733

Epargne longue : en quête de repères

À l’heure de tirer le bilan de l’année écoulée, quatre faits marquants méritent d’être soulignés. Tout d’abord, l’année 2010 restera avant tout celle de l’offensive des banques canadiennes à l’international. Ce mouvement était attendu car le secteur bancaire canadien est l’un des rares pouvant s’enorgueillir d’être sorti renforcé de la crise. En quelques mois, plusieurs acquisitions d’envergure ont été annoncées, ​à l’image du rachat de l’américain Chrysler Financial par Toronto Dominion Bank en décembre dernier (encadré 1).

De plus, les cessions d’actifs non-stratégiques réalisées par des établissements en difficulté se sont poursuivies tout au long de l’année, contribuant ainsi au dynamisme du marché des fusions-acquisitions. Le principal contributeur a été la banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS), laquelle a effectué une dizaine de ventes pour un montant total de plus de 12 ​milliards d’euros d’actifs.

Les caisses d’épargne espagnoles, qui représentent la moitié du secteur bancaire espagnol, se sont par ailleurs fortement concentrées. Elles ​ont été les plus touchées par l’éclatement de la bulle immobilière et se sont engagées, après des mois de tâtonnements, dans un vaste mouvement de fusion, ​afin d’assurer leur viabilité future. En un an, le nombre de cajas est ainsi passé de 45 à 17, ce qui témoigne de l’intensité du processus. La première d’entre elles est aujourd’hui le nouvel ensemble formé autour de Caja Madrid, ​avec près de 340 milliards d’euros d’actifs.

Enfin, Banco Santander a fait preuve en 2010 d’un appétit insatiable en matière de développement à l’étranger. En effet, le numéro un de la zone euro a procédé à une dizaine d’acquisitions aux quatre coins du monde, dont la prise de contrôle de la troisième banque polonaise (Bank Zachodni WBK). Cette cible très convoitée est hautement stratégique car elle lui a permis d’atteindre la taille critique sur l’un des marchés les plus porteurs d’Europe de l’est.

Quelles sont les perspectives pour 2011 ? Malgré de nombreuses incertitudes, la reprise observée l’an dernier sur le marché des fusions et acquisitions devrait se poursuivre. Quant au secteur bancaire, il devrait à nouveau figurer parmi les plus dynamiques. Il en existe trois raisons principales :

  • les cessions d’actifs motivées par un besoin de restructuration continueront, ​à l’image de la vente en cours du gestionnaire d’actifs italien Pioneer Investment (UniCredit) ;
  • le besoin de consolidation reste très important pour de nombreux acteurs fragilisés par la crise (Landesbanken en Allemagne…) ;
  • pour les plus solides d’entre eux, la recherche de nouveaux relais de croissance dans les pays émergents restera l’un des principaux moteurs de développement.

En revanche, on peut se demander si les banques des grands pays émergents vont se lancer dans la conquête d’établissements occidentaux en 2011… Rien n’est moins sûr.

Achevé de rédiger le 17 janvier 2011.

 

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