Réseaux sociaux : des données précieuses pour accéder au crédit

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Revue Banque n°787

Régulation financière : le poids des députés européens

Facebook remplacera-t-il le banquier au moment d’étudier le profil de risque d’un emprunteur ? Pour l’instant, cela relève de la science-fiction. Et pourtant… La firme de Mark Zuckerberg a déposé le 4 août dernier un brevet qui a ému le secteur : il s’agit d’une technologie permettant de suivre comment chaque membre est connecté à son réseau d’amis. Parmi les utilisateurs possibles de cet outil, Facebook cite les prêteurs, qui, face à une demande de crédit, peuvent examiner la notation des amis du prospect en tant qu’emprunteurs et en déduire sa fiabilité. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une utilisation parmi d’autres d’un brevet tout juste déposé. Mais depuis plusieurs années, des start-up se sont déjà positionnées sur ce créneau du « scoring social ». Ainsi, après avoir testé sur les marchés philippin, colombien et mexicain sa solution d’analyse crédit sur la base de l’activité des emprunteurs sur les réseaux, Lenddo la commercialise désormais auprès des banques. La cible : de jeunes emprunteurs, sans historique de crédit, pour qui il est très difficile d’obtenir un prêt de manière traditionnelle. Alipay, l’émanation, aujourd’hui indépendante, du géant du e-commerce chinois Alibaba, teste de son côté un algorithme permettant de déduire un score de crédit à partir des données d’achats en ligne. Dans les pays développés également, les start-up s’intéressent au Big Data appliqué au crédit. C’est le cas de l’allemand Kreditech, un credit bureau nouvelle génération qui étudie quelque 20 000 critères parmi lesquels des données issues des réseaux sociaux, des sites de e-commerce ou des transactions financières, pour évaluer plus de 2 millions d’emprunteurs dans 9 pays dont la Pologne, l’Espagne et l’Australie. Jusqu’à présent, ces initiatives visent principalement des personnes non ou mal bancarisée qui acceptent que soient utilisées leurs données personnelles en échange d’un crédit. L’accueil pourrait être tout autre parmi la clientèle établie des banques…

Le téléphone, puits d’informations

En Afrique de l’Est, où le téléphone mobile est très utilisé [1] pour des transactions financières quotidiennes, des acteurs du monde de la microfinance commencent à avoir recours à des algorithmes pour déduire un score de crédit à partir d’une quantité de données issues du monde numérique : la fréquence et la régularité de l’utilisation des crédits téléphoniques et du portefeuille de mobile money y sont étudiées pour compenser l’absence de fiches de paie et de relevés de compte bancaire, symptomatique d’économies fortement informelles. C’est le cas notamment de M-Shwari au Kenya, un compte 100 % mobile dépendant de M-Pesa, qui octroie des prêts à la consommation de petit montant en fonction des recommandations d’un tel algorithme. Selon M-Pesa, les prêts non performants n’ont représenté au 1er semestre 2015 que 2,2 % du total.

 

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