Financement

Le Plan Juncker prolongé pour mobiliser 500 milliards d’euros d’investissement d’ici 2020

Reconduit cet été après un premier bilan réussi, le plan d’investissement pour l’Europe a permis à des acteurs financiers français de financer des PME innovantes ou la trésorerie de TPE.

Plan Juncker

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°824

Non-performing loans : une situation qui s’ameliore

Mis en place en 2014-2015 pour relancer l’investissement en Europe, le plan Juncker a atteint son objectif initial de 315 milliards d’euros mobilisés en 3 ans. Ce plan va être prolongé jusqu’à fin 2020 avec l’objectif de mobiliser au moins 500 milliards d’euros. Au bilan d’étape du 18 juillet, ce sont 335 milliards d’euros qui avaient été mobilisés auprès de 900 projets, dont 31 milliards pour financer 700 000 PME en Europe. Trois types de projets sont ainsi financés : des infrastructures stratégiques en partenariat public privé (PPP), des grosses PME qui peuvent chercher à devenir des licornes, en prêts directs, et des plus petites PME. Pour ces dernières, la Banque européenne d’investissement (BEI), via le fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), signe des accords avec des banques commerciales pour leur offrir une garantie qui leur permettra de financer des PME, qui ne sont donc pas en contact direct avec la BEI.

Le plan Juncker a visé des cibles et des objectifs différents selon les pays. Il a accompagné certains pays alors en difficulté comme la Grèce, l’Italie, la Bulgarie et la Roumanie, où une relance de l’activité par les PME a été jugée nécessaire en renfort de l’action des fonds structurels.

Financer l’innovation

En France, 50,2 milliards d’euros d’investissements devraient être générés depuis le lancement du plan, à partir de financements de la BEI à hauteur de 10,5 milliards d’euros. Le plan Juncker a notamment permis de financer l’innovation dans les PME en accompagnant des projets qui n’auraient pas été financés par des banques commerciales seules car ils sont un peu plus risqués que ce qu’elles financent habituellement.

Pour ce volet PME, 38 conventions ont été signées avec des banques intermédiaires en France pour un montant total de 2 milliards d’euros, qui devraient générer 12 milliards d’investissement au total. 155 560 PME et ETI devraient en bénéficier. 24 accords ont été signés pour des prêts aux PME et 14 pour des investissements en capital dans des fonds d’investissement. En prêts, des accords ont été signés avec Banque Populaire (BPCE), Bpifrance, mais aussi CM CIC Leasing Solutions, Crédit du Nord, France Active Garantie ou l’Adie notamment. Les Banques Populaires ont ainsi financé des start-up innovantes via des prêts liés à l’innovation garantis par la BEI.

Le plan Juncker a également permis de combler des difficultés d’accès au crédit de TPE en France. Des accords ont été signés avec des activités spécialisées, par exemple avec la SIAGI (société de caution mutuelle spécialisée dans la garantie de crédits aux entreprises) pour des crédits de trésorerie aux TPE et à l’agriculture. Un accord de contre-garantie de prêts d’un milliard d’euros a été signé début 2017 entre le FEI, Banque Populaire et la Fédération nationale des Socama (société de caution mutuelle artisanale) pour financer sans caution personnelle du capital matériel ou encore la transmission, reprise ou création d’environ 33 000 TPE.

Le nouveau volet du plan,  qui court jusqu’à fin 2020 en Europe, « met davantage l’accent sur le financement des petites entreprises, accorde davantage d’attention aux projets et aux secteurs durables, et fournit un plus grand soutien sous forme de conseils au niveau local », précise la Commission européenne.

 

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