Microcrédit et banques : des liens encore trop distendus

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Revue Banque n°813

Zone euro, union bancaire… Qu’attendre de l’ère Macron ?

Les encours du microcrédit ont beau avoir progressé de 32 % en trois ans, à 1,4 milliard d’euros, il reste pour la Banque de France – qui tient les statistiques – des marges de manœuvre pour aider les 2,4 millions de personnes en situation de fragilité financière. La banque centrale vise ainsi 2 milliards d’encours fin 2020 pour les microcrédits, à la fois personnels et professionnels. « Pour que le microcrédit progresse et qu’il devienne un produit financier courant, il faut renforcer les liens avec les banques », a exhorté Maria Nowak, fondatrice de l’ADIE, lors des rencontres régionales et européennes du microcrédit organisées par la Banque de France. Il en va, selon les institutions de microfinance (IMF), de la soutenabilité du modèle, un client apporté par un partenaire bancaire coûtant notablement moins cher qu’un autre. Ainsi, l’IMF européenne la plus rentable, l’espagnole Microbank, est intimement liée à la Caixa, dont elle utilise les agences. Selon les IMF, l’acte de prescription de la banque ne peut pas simplement reposer sur un lien personnel éventuel entre un chargé de clientèle et un conseiller de microcrédit. « Les banques devraient avoir l’obligation de fournir aux clients auxquels elles ont refusé un crédit, une liste d’opérateurs de microcrédit », suggère Corrado Ferretti, président de Permicro. Seuls 20 % des clients de cette IMF italienne sont ainsi envoyés par BNL (groupe BNP Paribas), pourtant actionnaire depuis six ans. Un système à la britannique, où les banques refusant des crédits à des PME doivent, depuis 2016, les orienter vers des plates-formes agrégeant des prêteurs alternatifs, est cité en exemple.

 

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