Stratégie digitale

La Maif se positionne comme intermédiaire bancaire

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°798

Innovation financière : l’effervescence des pays émergents

Pourquoi la Maif lance-t-elle Nestor, un agrégateur de comptes ?

Ce projet s’inscrit dans notre stratégie digitale et d’anticipation. La révolution digitale va impacter les cœurs de métier de l’assurance, les barrières vont s’abaisser et de nouveaux acteurs vont se positionner sur une partie de la chaîne de valeur, notamment pour faire de l’intermédiation assurancielle. La Maif est actuellement surtout positionnée sur l’assurance IARD, et nos dirigeants considèrent qu’il faut activer progressivement de nouveaux leviers de croissance. À l’image de l’assurance, d’autres secteurs voient leur barrière à l’entrée s’abaisser sous l’effet de la rupture digitale et la Maif entend ainsi proposer de nouveaux services, car nous bénéficions d’une bonne image de marque et d’un bon capital confiance. L’évolution des modes de contact et de la réglementation, avec la DSP2, permet de se positionner sur la relation bancaire sans avoir à développer une offre de banque au quotidien et ainsi de nouer des contacts beaucoup plus fréquents que la seule assurance.

Nestor est présenté comme « le premier service Néo Banque de la Maif »…

Nous sommes convaincus que la Néo Banque va s’imposer comme alternative aux banques traditionnelles. De notre point de vue, il existe deux modèles de néo banque aujourd’hui. Le premier est porté par les banques en ligne, souvent adossées à des banques traditionnelles. Le second est porté par les FinTech qui parviennent à s’émanciper des banquiers traditionnels. Dans les deux cas, les acteurs ont un enjeu fort d’installation de la marque, ce qui nécessite des investissements conséquents, avec le risque de ne pas gagner la confiance. Et nous proposons un nouveau modèle : une grande marque, reconnue et inspirant confiance et jouissant d’une très bonne notoriété, qui n’est pas une banque, et n’est donc pas juge et partie, peut se positionner sur l’intermédiation et proposer un ensemble de services pour devenir à terme interlocuteur privilégié et de confiance de la relation bancaire.

Que va permettre cet agrégateur aujourd’hui et demain, avec la DSP2 début 2018 ?

Nestor est un agrégateur qui permet la visualisation, l’analyse et la synchronisation des comptes et du patrimoine financier. La directive va encadrer et accélérer cette activité d’agrégateur, en éliminant la nécessité pour l’utilisateur de donner ses identifiants d’accès puisque l’agrégateur va pouvoir rapatrier directement les données. Elle va surtout permettre aux agrégateurs de proposer du transactionnel, notamment des transferts d’un compte à l’autre…

Nestor se positionne donc comme une plate-forme qui va centraliser informations et flux ?

Exactement. Il y aura à l’avenir une séparation entre le métier d’intermédiaire et de distributeur, et le métier industriel. Les banques resteront producteurs et distributeurs, mais il y aura de nouveaux distributeurs.

Quel est le calendrier de lancement ?

Nestor est en phase de prélancement depuis le 20 juin auprès de publics internes, 7 500 militants et salariés, et de 500 sociétaires. Le service sera généralisé auprès du grand public en novembre.

 

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