Rachat de MoneyGram

Les ambitions occidentales d’Alipay contrecarrées

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Revue de l'article

Un an après l’annonce du projet, le Chinois Ant Financial, maison-mère de la solution de paiement mobile Alipay, a renoncé à racheter le spécialiste du transfert d’argent à l’international, l’Américain MoneyGram. L’opération de 1,2 milliard de dollars, soutenue par MoneyGram après le relèvement de son offre par AntFinancial, a finalement buté sur l’opposition des autorités américaines : le Comité des investissements étrangers, consulté dans le cas des opérations transfrontières pouvant avoir un impact sur la sécurité nationale, a refusé de donner son aval. La transaction était l’occasion pour la filiale bancaire du géant du e-commerce chinois Alibaba de passer à la vitesse supérieure pour son internationalisation, déjà visible en Europe par les partenariats noués avec certaines banques pour développer le réseau d’acceptation d’Alipay [1]. Un accord de partenariat stratégique est toutefois maintenu, par lequel les fonds envoyés via MoneyGram pourront être reçus sur le portemonnaie mobile AliPay des bénéficiaires. Une manière pour l’Américain de réduire ses coûts de distribution et ses délais de transactions, et pour le Chinois de rendre sa plateforme accessible à une base de clientèle élargie, notamment les populations non ou peu bancarisées. Après avoir conquis le marché chinois (520 millions d’utilisateurs) et contribué à développer le paiement mobile par QR Code au détriment du cash, Alipay est depuis 2013 fortement concurrencé par son compatriote Tencent et son offre WeChat Pay (voir Encadré). L’heure de sortir des frontières a sonné [2].

 

[1] Lire aussi l’interview de Jean-Cyrille Girardin, Country Manager pour la France d’Alipay, Revue Banque n° 815, janvier 2018.

[2] Lire à ce sujet, dans ce même numéro, l’article d’Yvon Moysan, p. 65.

 

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