Crowdfunding

Le financement participatif veut asseoir sa place

Revue de l'article

Le financement participatif entend s’installer profondément dans le paysage, malgré la modestie de ses montants face aux 940 milliards d’euros de crédits bancaires (à fin octobre). 336 millions d’euros ont été collectés auprès de particuliers via des plates-formes en 2017 (+ 44%), selon le baromètre annuel réalisé par KPMG pour l’association Financement Participatif France (FPF). 2,57 millions de souscriptions ont été effectuées par 1,65 million de financeurs.

Les acteurs du secteur font évoluer leur discours, insistant moins sur les taux de croissance que sur une certaine maturité. « Ce n’est pas un effet de mode qui va passer. On commence à consolider ce secteur, qui a trouvé sa place », estime Stéphanie Savel, présidente de Wiseed et de FPF. Le marché commence à se concentrer sur quelques acteurs dans chaque catégorie. En don (82,8 millions collectés, + 20%), trois acteurs concentrent 88 à 90 % du marché, ils sont cinq à peser 84 % du prêt rémunéré (195,4 millions au total pour le prêt, en hausse de 102 %, dont 115,8 millions en obligations) et cinq à peser 42 % du marché de l’equity (58 millions).

Le baromètre présente dorénavant une répartition sectorielle. « 91 % des projets sont désormais tournés vers l’économie réelle. Nous ne finançons pas que des chanteurs, mais des entreprises au sens large. Même dans le don il y a de plus en plus de financements orientés vers des entreprises », se félicite Stéphanie Savel. Le secteur économique pèse 261 millions, contre 45 pour le secteur culturel et 30 pour le social. 219 collectés financent des TPE/PME et ETI, 40 millions des start-up et 48 millions des structures de l’ESS. Les deux premiers secteurs sont l’immobilier (109 millions) et les énergies renouvelables (57 millions).

À maturité, le crowdfunding devrait atteindre une représentativité parfaite des secteurs de l’économie, estiment ses promoteurs. L.B.

 

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