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La dette hybride a de l’avenir

Utilisée par les assureurs pour améliorer leur leurs ratios prudentiels, la dette hybride rencontre un certain succès. Selon S&P Global Ratings, Les volumes devraient augmenter.

La dette hybride a de l’avenir

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°832

Les assureurs européens ont émis pour 20 milliards d’euros de dette hybride [1] entre le 1er janvier 2018 et la fin du 1er trimestre 2019 [2], selon S&P Global Ratings. En principe, les assureurs n’ont pas vocation à s’endetter, mais ils peuvent recourir à ces émissions pour améliorer leurs ratios prudentiels. Ces obligations sont en général à 30 ans ou perpétuelles mais elles sont dotées de clauses qui permettent d’exercer un call [3] à l’issue d’une période de 10 ans. « Les assureurs ont tendance à exercer ce call afin de satisfaire le marché », note Taos Fudji, directeur Assurance et Services financiers chez S&P Global Ratings. L’agence a calculé le montant de calls auquel le marché peut s’attendre jusqu’en 2022 : 40 milliards. Et au-delà de 2022, les volumes devraient être très importants, car un pic d’émission a eu lieu en 2014, juste avant la mise en œuvre de Solvabilité 2. « La fin programmée des mesures transitionnelles – qui permettent d’étaler jusqu’en 2032 la mise en œuvre des exigences de Solvabilité 2 – va elle aussi inciter les assureurs à émettre davantage, anticipe Taos Fudji. Les assureurs qui utilisent les mesures transitionnelles sont essentiellement basés au Royaume-Uni et dans le Nord de l’Europe ».

 

[1] Les assureurs utilisent principalement deux formes de dette hybride : d’une part, les titres Restricted Tier 1 qui peuvent être convertis en capital – sans que l’émetteur soit déclaré en défaut – si le ratio de solvabilité passe sous le seuil de 100 % ; d’autre part, les titres Tier 2 qui présentent un risque moindre pour l’investisseur même si l’une de leurs caractéristiques est de permettre la suspension du coupon.

[2] L’émission d’Aegon, annoncée le 29 mars 2019 et réalisée début avril est comprise dans les 20 milliards.

[3] Un call donne la possibilité à l’émetteur de rembourser par anticipation son obligation. L’exercice du call est généralement suivi d’une nouvelle émission, dans une logique de refinancement.

 

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