Emploi

La culture de l’égalité, nouveau credo pour l’insertion des jeunes ?

Lors d’une conférence organisée par la Fédération bancaire française sur l’insertion des jeunes, la ministre du Travail et le défenseur des Droits ont invité les banques à privilégier désormais la lutte contre les discriminations.

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Revue Banque n°824

Non-performing loans : une situation qui s’ameliore

En 2017, 6 500 nouveaux contrats d’alternance ont été signés dans les banques; ces formations sont des vecteurs efficaces pour l’insertion des jeunes dans le secteur. C’est ce qui ressortait de la conférence sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, organisée le 13 septembre dernier, par la Fédération bancaire française (FBF), l’Agence pour l’Éducation par le Sport (APELS) et l’association Les Déterminés. Trois tables rondes ont mis en valeur les initiatives récentes des entreprises du secteur bancaire en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes issus des quartiers prioritaires et des zones rurales. Présents lors de la conférence, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires et le défenseur des Droits Jacques Toubon ont été invités à prendre la parole.

Muriel Pénicaud a « salué les initiatives qui existent depuis plusieurs années dans le secteur bancaire [et se sont] amplifiées ces derniers mois ». La ministre du Travail a cité plusieurs exemples : le Crédit Mutuel, qui s’est engagé à recruter 4 000 alternants, dont 25 % issus des territoires ruraux, le groupe Crédit Agricole, qui accueille 2 200 stagiaires et jeunes – soit 5,8 % des effectifs –, et LCL, qui a mis en place des classes dédiées, en partenariat avec plusieurs centres de formation et d’apprentis (CFA) et écoles. « Le secteur bancaire accueille près de 10 000 jeunes en contrat de professionnalisation et d’apprentissage chaque année dans 23 CFA, un nombre qui a augmenté de 20 % en cinq ans et qui est très significatif », a apprécié Muriel Pénicaud, avant de demander aux banques de se tourner désormais davantage vers la lutte contre les discriminations. « Des jeunes, dans les quartiers, ont fait des efforts, travaillé, obtenu des bourses et des diplômes de niveau bac +4 ou 5. Or, à même diplôme et même qualification, ceux-ci ont deux à trois fois moins de chances d’être embauchés que les autres jeunes », a-t-elle rappelé.

L’exhortation de la ministre du Travail faisait écho à l’allocution de Jacques Toubon, quelques minutes auparavant. « En tant qu’employeurs, les banques ne sont pas exemplaires en matière de lutte contre les discriminations », a estimé le Défenseur des droits, en signalant qu’il était « saisi assez souvent par des salariés du secteur bancaire qui se disent victimes de discrimination ». Jacques Toubon a également voulu attirer l’attention des banques, en tant que prestataires de services, sur les discriminations illégales vis-à-vis de leur clientèle. « Depuis des années, l’attention des Pouvoirs Publics est attirée sur le sentiment de discrimination ressenti par les clients et clientes dont la demande de crédit a été écartée pour des raisons apparemment objectives, mais en réalité subjectives. » Les dossiers traités par le défenseur des Droits seraient très peu nombreux au regard de l’ampleur des discriminations mise en évidence par les études sur le sujet. Comme employeurs et prestataires de services, Jacques Toubon a appelé les banques à « se montrer davantage à la hauteur des enjeux en ne se limitant pas aux déclarations d’intention, mais en développant une véritable culture professionnelle de l’égalité ». Il préconise de renforcer à cette fin la formation aux métiers de la banque, en BTS, dans les filières professionnelles, et dans les formations à la gestion de la relation client, grâce à un cours sur les discriminations. Géraldine Dauvergne

 

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