Cet article appartient au dossier : Assurance : les travaux de recherche de l'ENASS.

ENASS Papers

Une publication scientifique pour les professions du risque

L'auteur

  • Michel Villatte
    • Président
      Institut de Formation de la Profession de l'Assurance (IFPASS)

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Banque & Stratégie n°293

ENASS Papers

Depuis de nombreuses années, les étudiants de l’Enass et de l’Ifpass produisent des mémoires de fin d’études sur les sujets les plus divers, souvent inspirés par leurs travaux de stage : souscription de risques spéciaux, gestion des sinistres corporels graves, réassurance des catastrophes naturelles, analyse financière des entreprises d’assurances, etc. Souvent de bonne qualité scientifique, parfois innovateurs, toujours sérieusement documentés, ces travaux restent dans nos cartons universitaires et ne sont pas utilisés par les professions de l’assurance, alors même qu’ils contiennent d’importantes réflexions ou références utiles à la conception ou à la gestion des produits ou au management d’entreprises.

L’École nationale d'assurances et l’Institut de formation de la profession de l’assurance ont pensé que la publication de ces travaux sous la forme résumée d’articles permettrait de les faire connaître. Nous avons élargi le domaine de la publication à divers textes majeurs qui trouvent leur origine dans l’activité d’enseignement de nos maisons. Ce sont d’abord les leçons inaugurales du CHEA, du MBA de l’Enass et du Programme Master d’assurance. Ce sont aussi des textes d’exposés que nos professeurs veulent bien rédiger à la suite de l’une ou l’autre de leurs interventions dans nos cycles d’enseignement. Depuis que nous avons proposé la création de cette publication, certains ont souhaité utiliser celle-ci comme vecteurs de leurs idées sur tel ou tel sujet qu'ils étaient amenés à traiter dans le cadre de leurs activités, à l’Enass ou ailleurs.

Un recueil d'idées

Nous nous sommes cependant gardés d’imposer un thème ou un « sujet » à la publication semestrielle. C'est l’actualité des colloques auxquels participent nos enseignants qui explique que l’on traite de dépendance, de Solvabilité 2 ou du risque de développement, et non la volonté de notre publication d’ouvrir des dossiers. Nous voulons être un recueil d’idées, pas un pilote de débats. Les Enass papers témoignent des travaux de notre corps enseignant et de nos étudiants – nous espérons en attirer le plus grand nombre –, mais nous aspirons à ne publier que des textes que nous aimerions un jour voir qualifiés de textes de référence, non à structurer ou orienter le débat public. Nous souhaitons rester, de ce fait, au plus près des travaux universitaires dont nous assurons la collecte. Il serait étonnant, d’ailleurs, que ces travaux s’éloignent néanmoins trop évidemment de l’actualité : Solvabilité 2 ne laisse aucune entreprise du métier du risque indifférente, le Mediator nous renvoie au risque de développement… Quant à la dépendance, il serait à la limite anormal que notre monde universitaire n’y consacre pas ses réflexions.

De la recherche appliquée

Cette nouvelle publication, sous l’égide de l’ENASS et de l’IFPASS, doit trouver sa place dans le monde des revues scientifiques. Notre ambition est, si l’on peut dire, plus technique que proprement scientifique : notre domaine est la recherche appliquée, pas la recherche fondamentale. Nos enseignants – le plus souvent professionnels des métiers du risque – et nos étudiants – fréquemment en apprentissage ou en alternance – travaillent dans une perspective d’entreprise. Il s’agit pour eux d’apporter des réflexions, des connaissances, des calculs qui soient le plus immédiatement utilisables par les assureurs, les courtiers, les experts, les agents généraux qui les emploient ou vont les employer. Notre devoir d’universitaire est de rendre le plus largement disponible cette information et cette réflexion. C’est le rôle que nous voudrions donner à cette nouvelle publication : mettre en lumière l’importance et la variété des sujets et des réflexions que suscitent nos métiers.

Des outils de référence

Nous souhaiterions également démontrer que la réputation de faible créativité de nos professions est pour le moins malvenue et qu’elles devraient au contraire attirer de nouveaux talents en mettant en avant la diversité, l’intérêt et la sophistication intellectuelle de nos activités.

Au-delà et pour l’avenir, notre publication ambitionne de se poser en référence dans le monde universitaire. Ce n’est pas médire que de considérer que la plupart des publications scientifiques négligent le domaine de l’assurance, ou ne traitent de nos métiers que sous l’aspect de l’analyse économique, dans le cadre de la gestion d’actifs financiers, ou en référence à des préoccupations sociétales ou politiques. L’École nationale d'assurances souhaite faire publier des travaux de recherche appliquée, destinés aux acteurs de nos métiers, et pouvant demain constituer des outils de référence dans le monde universitaire sur les sujets de connaissance, mesure, couverture et prévention des risques. À cet égard, l’école estime occuper une position unique et spécifique, et ambitionne de produire des textes à la mesure de cette position éminente dans son domaine.

Nous avons enfin le souci de travailler pour l’ensemble des professions de la sphère financière. Les problématiques abordées concernent aussi bien les assureurs que les banquiers. Les deux activités se rapprochent d’ailleurs depuis un quart de siècle :

  • dans la structure même des groupes financiers qui développent et gèrent les produits ;
  • avec la « bancassurance » et les banques créées par les assureurs ;
  • dans les règles prudentielles qui s’appliquent aux deux activités, du « coût du risque » de Bâle III au Risk Based Capital de Solvabilité 2 ;
  • dans l’Autorité de contrôle prudentiel commune instituée par la Loi.

Le fait que la Revue Banque ait accepté d’héberger les Enass Papers n’est pas un hasard : nous aspirons à publier des travaux d’utilité commune aux deux activités, et contribuer ainsi à leur rapprochement.

Des travaux universitaires

Nous avons nommé cette revue Enass Papers pour souligner l’origine universitaire de nos travaux. Les documents publiés sont (ou sont issus) des cours, des travaux, des mémoires réalisés dans le cadre de nos cycles universitaires. D’où, sans doute, des différences de niveau, le caractère dispersé des sujets de travaux, des caractéristiques très diverses du contenu (de la mathématique au droit, en passant par la sociologie ou l’analyse financière). Mais c’est une sorte de compte rendu de l’activité de l’école fait à la profession, pour servir ses évolutions et celle des entreprises, et – plus modestement – pour justifier des efforts qu’elle consent en faveur de nos écoles. Les Enass Papers appartiennent moins à l’école qu’aux professions du risque, propriétaires et inspirateurs de nos travaux.

Mes remerciements vont aux auteurs qui ont bien voulu accepter de nourrir ce premier numéro en se prêtant à l’exercice de synthèse des travaux entrepris par eux. Ils vont aussi à la Revue Banque, qui a accepté d’inclure nos travaux dans ses publications sur un rythme semestriel. La Revue nous a d’ailleurs efficacement encouragés dans ce projet et a contribué à choisir le nom de notre publication.

Il nous revient désormais de poursuivre le projet et d’assurer sa pérennité. Nos étudiants y contribueront avec le soutien des mentors de leurs mémoires. Nos professeurs seront, nous l’espérons, nos principaux sponsors dans les années à venir.

Mais, dès demain, ce sont nos lecteurs, les entreprises de gestion des risques, qui assureront la pérennité des Enass Papers, en utilisant les travaux publiés. C’est le succès que je nous souhaite.

 

 

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