1.5. Étude comparative pour l’année 2019 des modèles risque de marché et risque de crédit (EIOPA – 09.04.2021)
Cette étude a été établie à partir des chiffres figurant sur les états réglementaires Solvabilité 2 à fin 2019. Vingt-et-une entités, utilisant des modèles internes, basées dans huit États membres ont participé à l’étude. Ce document fait partie d’un processus récurrent de comparaison et de pilotage des modèles internes appliqués au risque de marché et au risque de crédit. Les résultats de cette étude pourront alimenter le Supervisory Review Process (SRP), instrument destiné aux superviseurs nationaux pour leur fournir une vue d’ensemble nécessaire au calibrage des modèles internes.
Le document est centré sur l’impact solvabilité du paramètre valeur des investissements. Pour réaliser l’étude l’EIOPA a construit des portefeuilles simplifiés d’actif et de passif. L’accent a été porté sur l’analyse des mouvements de baisse des taux d’intérêt.
Les entreprises ont utilisé pour modéliser le risque de marché et le risque de crédit une approche intégrée ou modulaire, le superviseur a donc choisi une approche combinée des deux risques pour les portefeuilles simplifiés types utilisés pour l’étude. Afin d’évaluer quantitativement l’impact des chocs l’EIOPA a choisi une métrique, dénommée « charge de risque », qui est une value at risk réduite. Voici les conclusions tirées par le superviseur :
– des écarts importants ont été relevés pour la charge du risque combiné marché et crédit parmi les 21 entités participantes ;
– la charge de risque crédit relative aux obligations souveraines varie peu chez les groupes à modèle interne pour les obligations émises par l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Belgique, la France. La variation est plus importante pour celles émises par l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Pour les obligations d’entreprise, les charges de risque crédit sont d’autant plus élevées que la notation de l’entreprise est basse, la charge devient importante lorsque la notation est inférieure à BB ;
– concernant le risque actions le portefeuille des entités affiche une variation moindre que celle due à une participation stratégique ;
– pour l’immobilier, la charge de risque a été déterminée en utilisant cinq métriques différentes dont quatre pour l’immobilier commercial. L’EIOPA a constaté une grande variété de résultats empêchant de tirer une conclusion unique et générale, elle estime souhaitable de mettre l’accent sur les méthodes de valorisation et sur le profil de risque du portefeuille d’investissement au détriment de méthodes s’appuyant sur des indices donnant la variation de la valeur du m² ;
– une analyse de la dépendance des structures a été faite afin de mesurer la dépendance des facteurs de risque, une estimation de la probabilité conjointe pour laquelle tous les facteurs de risque excèdent le même quantile pour un seuil donné (80 %, 90 %, 95 %). C’est cet outil, dénommé Joint Quantile Excedance Probability (JQE), que l’EIOPA compte développer pour déterminer l’information sur des facteurs de risque tels que les spreads de crédit dans les obligations d’entreprise.
L’EIOPA, consciente de l’influence des risques de marché et de crédit sur la solvabilité – l’effondrement des cours en 2020 l’a démontré –, tente d’analyser l’origine et de trouver un moyen pour atténuer l’effet sur la solvabilité d’un décrochage brutal de la valeur du portefeuille de placements.