Assurtech

Rendre la distribution d’assurance plus transparente

Créé le

01.10.2018

-

Mis à jour le

18.10.2018

En conjuguant conseil automatisé et assistance par des experts, Fluo permet à ses utilisateurs d’éliminer des doublons et des garanties inutiles et d’obtenir en toute impartialité des réponses à leurs questions d’assurances. Distribuée sous forme d’application mobile, la technologie est mise à disposition à l'aide d’API auprès de néobanques et de marchands, qui voient là un moyen supplémentaire de fidéliser leur clientèle.

Pouvez-vous définir le caractère disruptif de votre activité et préciser quelle est votre clientèle cible ?

Notre solution propose une réponse aux besoins des consommateurs concernant leurs assurances : l’utilisateur Fluo peut ainsi savoir s’il est déjà couvert et être accompagné par un expert lorsqu’il achète une assurance en ligne, avant et après la souscription de son contrat d’assurance.

Dans le cas d'une assurance emprunteur ou d’une assurance automobile, la valeur ajoutée de l’application Fluo est de mettre en exergue de manière claire les garanties incluses dans chaque contrat et de les noter pour mettre en avant le meilleur rapport qualité/prix. De même, lorsque notre utilisateur a un sinistre, Fluo l’accompagne dans toutes les démarches à accomplir.

Grâce à l’application Fluo, lorsque vous achetez un billet d’avion ou un smartphone sur Internet, par exemple, notre technologie permet d’analyser en temps réel les garanties existantes dans votre carte bancaire [1] pour vérifier si elles sont suffisantes.

Pour ce faire, nous avons développé un ensemble d’algorithmes qui permet d’analyser les garanties incluses dans les contrats d’assurance, soit pour proposer des garanties complémentaires, soit pour éviter des doublons. Concrètement, l’interprétation des garanties incluses dans les conditions générales des contrats d’assurance s’effectue à l’aide de deux technologies : la reconnaissance de caractères et, pour comprendre ce qui se cache derrière les mots, l’intelligence artificielle. Nous utilisons ensuite de la data science pour aider nos experts en assurance à analyser chaque contrat et leur accorder une notation. Nos experts testent les algorithmes permettant de fournir une recommandation d’expertise en temps réel et, parallèlement, répondent aux besoins des clients, par téléphone ou chat.

La solution est disponible gratuitement via une application mobile et mise à disposition de nos partenaires, qui eux-mêmes la proposent à leurs clients particuliers. La commercialisation varie en fonction des objectifs de nos partenaires : en SaaS, en marque blanche ou non. Ces partenaires sont en majorité des néobanques, telles que Bankin’, Linxo, etc., ou des marchands de type voyagistes. Nous sommes en mesure d’aider les marchands à vendre d’avantage d’assurances en respectant les besoins de leurs clients puisque nous les analysons auparavant.

Quel est votre modèle de rentabilité et comment vous situez-vous sur le marché ?

En tant que courtier en assurance, nous sommes rémunérés par les compagnies d’assurances.

En toute impartialité, nous laissons le client choisir librement son contrat en lui apportant le conseil et l’expertise nécessaire pour qu’il fasse le bon choix. Nous ne sommes donc rémunérés que si notre utilisateur souscrit l’offre qu’il a sélectionnée.

Nous recrutons nos utilisateurs via nos partenaires bancaires et par le bouche-à-oreille. Nous comptons entre 5 000 et 10 000 utilisateurs mensuels de notre application. Si nous avons des concurrents en Allemagne, tels que Wefox ou Clark, et au Royaume-Uni (Brolly), nous ne nous connaissons pas de concurrent direct en France et nous considérons les assureurs et courtiers comme des partenaires.

Quelles sont vos sources de financement et vos perspectives de développement ?

Après la création de nos statuts en 2013, nous avons lancé une version bêta en 2014. Notre effectif actuel est de 16 personnes. Notre première source de financement a été notre chiffre d’affaires. Nous avons ensuite procédé à deux levées de fonds : une première de 1 million d’euros (love money et amorçage auprès d’entrepreneurs) et une seconde en série A [2] de 2 millions d’euros, auprès de Crédit Mutuel Arkéa en février 2017. L’objectif de cette seconde levée de fonds était d’étendre notre offre à l'assurance emprunteur et prévoyance, mais aussi au domaine des couvertures professionnelles. À l’avenir, nous comptons déployer notre solution à large échelle auprès de tous les marchands et néobanques souhaitant améliorer leur expérience utilisateur et mettre l’accent sur notre développement à l’international.

Nous ne comptons pas encore de banques traditionnelles parmi nos clients : cela demande en effet un investissement commercial beaucoup plus important, compte tenu de la complexité des processus et des délais très longs en matière de prise de décision. C’est la raison pour laquelle nous avons privilégié les banques les plus agiles, de type néobanques, et les marchands.

Dans quel cadre réglementaire évoluez-vous ?

Nous bénéficions du statut de courtier en assurance, soumis à l’agrément de l’ACPR. La principale réglementation qui encadre notre activité est la directive européenne de distribution des assurances (DDA) [3] .

Comment voyez-vous évoluer votre marché ? Compte tenu du climat des affaires en France, quelles nouvelles mesures vous sembleraient nécessaires pour améliorer cet environnement ?

Nous sommes convaincus que le marché de l’AssurTech va continuer à se développer.

Les évolutions législatives vont dans ce sens, notamment en matière d’assurance emprunteur, avec l’application de la loi Sapin 2 en 2018, qui permet aux titulaires d’un crédit de résilier leur assurance au profit d’une autre.

Nous sommes favorables à tout ce qui favorise la concurrence et facilite l’entrée de nouveaux entrants sur le marché, tels que le Crédit impôt recherche (CIR) ou le statut de Jeune Entreprise innovante (JEI) et saluons la création de la division Fintech, innovation et compétitivité (FIC) au sein de l’AMF. Par rapport à d’autres pays d’Europe, nous ne sommes pas à plaindre et nous nous plaçons en deuxième ou troisième position sur le podium : cela veut dire que nous avons encore des progrès à faire, ce qui est très stimulant !

 

1 Le moteur d’analyse de Fluo passe en revue les assurances fournies par plus de 500 cartes bancaires, ndlr.
2 La série A correspond à une étape de financement qui vient après la seed money, et qui doit permettre de développer l’activité au-delà des prototypes vers un modèle industrialisé et rentable. L’étape suivante, dite Série B, consiste à consolider cette croissance, en se déployant éventuellement vers de nouveaux territoires, à l’étranger par exemple. La série C est une nouvelle étape de développement vers le statut de licorne…, ndlr.
3 La directive sur la distribution d’assurances (DDA ou Insurance Distribution Directive, IDD) a pour objectif de renforcer la protection des clients et d’harmoniser les règles applicables à tous les distributeurs d’assurance. Elle fait converger les règles applicables à la distribution de produits d’assurance-vie et celles applicables aux autres produits d’investissement (Mifid2). Les professionnels ont jusqu’au 1 octobre 2018 pour se mettre en conformité, ndlr.
 

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº373
Notes :
1 Le moteur d’analyse de Fluo passe en revue les assurances fournies par plus de 500 cartes bancaires, ndlr.
2 La série A correspond à une étape de financement qui vient après la seed money, et qui doit permettre de développer l’activité au-delà des prototypes vers un modèle industrialisé et rentable. L’étape suivante, dite Série B, consiste à consolider cette croissance, en se déployant éventuellement vers de nouveaux territoires, à l’étranger par exemple. La série C est une nouvelle étape de développement vers le statut de licorne…, ndlr.
3 La directive sur la distribution d’assurances (DDA ou Insurance Distribution Directive, IDD) a pour objectif de renforcer la protection des clients et d’harmoniser les règles applicables à tous les distributeurs d’assurance. Elle fait converger les règles applicables à la distribution de produits d’assurance-vie et celles applicables aux autres produits d’investissement (Mifid2). Les professionnels ont jusqu’au 1 octobre 2018 pour se mettre en conformité, ndlr.